Bilan

Berlin et Vienne réclament un sommet extraordinaire de l'UE

L'Allemagne et l'Autriche veulent la tenue dès la semaine prochaine d'un sommet de l'Union européenne sur la crise migratoire, une demande également formulée par la Slovaquie.

L'Allemagne estime qu'elle devra accueillir entre 800.000 et un million de demandeurs d'asile cette année, contre un peu plus de 200.000 en 2014. Berlin réclame dès lors une répartition équitable des réfugiés en Europe.

Crédits: AFP

L'Allemagne et l'Autriche veulent la tenue dès la semaine prochaine d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne sur la crise migratoire, une demande également formulée par la Slovaquie qui s'oppose fermement au système de répartition des migrants demandé par Berlin.

"C'est un problème pour l'Union européenne dans son ensemble, c'est pourquoi nous nous sommes prononcés pour la tenue la semaine prochaine d'un Conseil extraordinaire de l'UE", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse à Berlin avec son homologue autrichien Werner Faymann.

"Le temps presse, on ne peut pas attendre jusqu'à la mi-octobre", a-t-elle ajouté, soulignant que le président du Conseil européen "Donald Tusk va voir cela".

Par ailleurs Mme Merkel a pris le contre-pied de son ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, qui avait suggéré de couper des fonds d'aide européens aux pays de l'UE opposés à la mise en place de quotas d'accueil, au lendemain de l'échec de négociations sur la répartition de 160.000 réfugiés.

"Je crois que nous devons réussir à créer de nouveau un esprit européen (...) mais les menaces ne sont pas le chemin pour arriver à un accord", a-t-elle, "je n'en suis pas au point (de penser) que nous devons menacer".

"Nous avons toujours, lorsqu'il y avait des avis divergents en Europe et ce n'est vraiment pas la première fois, cherché la discussion, même de très longues discussions", a-t-elle relevé.

"Jusqu'à présent nous avons toujours trouvé des solutions. Cet optimisme me guide même si cette fois-ci c'est très difficile et qu'il y a cette fois-ci des obstacles encore plus importants à franchir", a encore dit Mme Merkel.

Selon elle, la question se pose: "comment fonctionne maintenant cette Europe lorsqu'il s'agit de valeurs humaines ? Qu'est donc cet esprit européen que nous avons loué si souvent?"

La Slovaquie, l'un des pays opposés à toute répartition des migrants par quotas obligatoires, a aussi appelé à un sommet européen au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement.

"Dans une matière aussi sérieuse et délicate que le fait de dicter à un pays combien de gens il doit accepter, sans pouvoir les choisir, c'est certainement un sommet qui doit prendre la décision", a expliqué à Bratislava le Premier ministre Robert Fico.

"J'irai à ce sommet avec un mandat clair, celui de ne pas accepter les quotas obligatoires, quelles que soient les circonstances", a-t-il poursuivi, affirmant que ces quotas sont "irrationnels, néfastes et ne résolvent rien".

L'Allemagne estime qu'elle devra accueillir entre 800.000 et un million de demandeurs d'asile cette année, contre un peu plus de 200.000 en 2014. Berlin réclame dès lors une répartition équitable des réfugiés en Europe.

Mais jusqu'à présent, même la répartition de 160.000 réfugiés pose problème, et des négociations sur le sujet se sont soldées sans résultat mardi à Bruxelles.

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