Bilan

Barack Obama déclare la guerre de l’impôt

Le président américain veut supprimer l’”ange de la mort”, une exemption fiscale touchant les plus-values d’actifs hérités. Une hérésie pour l’opposition républicaine.

Le président Obama a profité du discours de l'Union pour annoncer son intention de s'attaquer à une niche fiscale pour favoriser la classe moyenne.

Barack Obama a décidé de faire grincer des dents les parlementaires républicains hier soir lors de son traditionnel discours sur l’état de l’Union. Le président qui s’adresse pour la première fois depuis son arrivée à la Maison-Blanche à des élus de la Chambre des Représentants et du Sénat majoritairement opposés à sa politique, a décidé de leur déclarer la guerre de l’impôt.

Le but de Barack Obama est de faire rentrer 320 milliards de dollars (273 milliards de francs) sur 10 ans et de réduire la pression fiscale sur les classes moyennes en adoptant des hausses d’impôts visant les Américains les plus riches et les grandes banques.

Une des idées présentées par la Maison-Blanche, consiste à modifier la taxation des revenus du capital. A l’heure actuelle, les Américains ne paient pas d'impôt sur les plus-values réalisées à partir d'actifs hérités. Cette niche fiscale a été surnommée  “ange de la mort” aux Etats-Unis. Un exemple: un contribuable américain héritant des actions de l’un ses proches décédés, n’a pour l’instant pas à payer d’impôt sur la plus-value réalisée par ces titres entre le moment où ils ont été achetés et le moment où ils sont hérités.

Tripler les déductions fiscales 

Barack Obama a l’intention de mettre fin à cette exemption. Il propose aussi d’augmenter de 18% le taux plafond de l’impôt sur les revenus du capital. Si le Congrès acceptait les idées du président américain, ce taux passerait à 28% (contre 23,8% aujourd’hui), et retrouverait le niveau qu’il avait à l’époque de Ronald Reagan. Cette mesure toucherait les Américains les plus riches comme le montre une enquête réalisée par Benjamin Harris, un expert de la Brookings Institution. En 2012, le 16,4% des contribuables américains résidant dans les districts les plus riches ont bénéficié de 73,6% des revenus sur le capital.

Le président américain a aussi l’intention d’introduire une nouvelle taxe représentant 7 points de base du passif des grandes banques qui pèsent plus de 50 milliards de dollars. Cette initiative qui se rapproche d’une proposition déjà faite l’année dernière par le président et qui augmenterait le coût de l’emprunt, a immédiatement été critiquée par la Sifma (Securities Industry and Financial Markets Association), la principale organisation de lobbying pour les banques.

En échange, Barack Obama propose notamment de tripler les déductions fiscales pour les familles avec enfants. Cette opération séduction pour les classes moyennes en prévision des élections présidentielles et législatives de 2016, est au coeur du plan Obama. Celui-ci n’a d’ailleurs que très peu de chances de passer dans un Congrès dominé par des conservateurs religieusement opposés aux hausses d’impôts. “Augmenter les impôts des gens qui réussissent ne va pas aider les gens qui souffrent à avoir du succès”, a résumé Marco Rubio, le Sénateur républicain de Floride, dimanche sur la chaîne CBS.

Jean-Cosme Delaloye

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