Bilan

Au Brésil, la récession sera pire que prévu en 2015

Le Brésil, première économie d'Amérique latine, va voir son PIB régresser de 2,44% en 2015, un chiffre nettement supérieur aux dernières estimations du gouvernement.

La présidente Dilma Rousseff fait face à un cocktail complexe, confrontée à une situation économique alarmante avec un Congrès en rébellion qui remet en question son plan crucial d'austérité de 17 milliards de dollars.

Crédits: AFP

Le Brésil, première économie d'Amérique latine, va voir son PIB régresser de 2,44% en 2015, a prédit mercredi le gouvernement, un chiffre nettement supérieur à ses dernières estimations anticipant un repli de 1,49%.

L'économie brésilienne, la septième du monde, est entrée en récession au deuxième trimestre.

"La prévision de croissance du PIB pour 2015 a été portée de -1,49% à -2,44%, tandis que le taux d'inflation passe de 9,00% à 9,29%, deux révisions en ligne avec les attentes du marché", selon le rapport budgétaire de la période juillet-août 2015, élaboré par les ministères des Finances et de la Planification.

Cette nouvelle réduction du PIB attendue pour 2015, si elle s'avérait exacte, serait la plus importante en 25 ans. Elle intervient en même temps que le repli de la devise brésilienne, le réal, qui a atteint mardi son plus bas historique depuis sa création en 1994, franchissant la barre symbolique des 4 réais pour un dollar, à 4,054 réais pour un dollar.

L'effondrement de la monnaie brésilienne, qui depuis le début de l'année a perdu 34,34% de sa valeur, est l'un des indicateurs importants négatifs qui affaiblissent l'économie brésilienne.

En outre, le Brésil fait face à une forte inflation dont "l'estimation donne à penser à une certaine persistance en 2015, reflétant le réalignement des prix administrés et de la dévaluation de la monnaie", poursuit le rapport.

L'inflation, qui se rapproche dangereusement des deux chiffres, dépasserait ainsi de plus du double de l'objectif officiel de 4,5% alors que le chômage continue de grimper et que la consommation se replie.

La présidente Dilma Rousseff fait face à un cocktail complexe, confrontée à une situation économique alarmante avec un Congrès en rébellion qui remet en question son plan crucial d'austérité de 17 milliards de dollars.

Elle pâtit également des retombées du scandale de corruption au sein de la compagnie pétrolière publique Petrobras qui éclabousse la coalition de centre gauche au pouvoir. De nombreuses personnalités du Parti des Travailleurs (PT) impliquées dans ce scandale ont ainsi été emprisonnées.

Enfin, l'agence de notation Standard & Poor's a récemment décidé de reléguer le pays à la catégorie "spéculative".

Après avoir présenté au Parlement un budget dans le rouge pour 2016, le gouvernement a cédé, faisant marche arrière pour rassurer les marchés. Il prône désormais le report des ajustements salariaux, la suppression de ministères, ainsi que des coupes dans le domaine sensible des programmes sociaux, afin de dégager un excédent budgétaire primaire de 0,7%.

Après une hausse spectaculaire de 7,5% du PIB en 2010 qui avait placé le Brésil en tête des pays émergents, la croissace brésilienne a atteint seulement 2,7% en 2011, 1% en 2012, 2,5% en 2013 et seulement 0,1% en 2014.

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