Bilan

Athènes va demander une nouvelle aide que la zone euro examinera

La Grèce a annoncé mardi qu'elle demanderait une nouvelle aide mercredi. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE doivent se réunir dimanche.

Le gouvernement grec présentera mercredi un texte de synthèse provisoire qui tiendra compte des "propositions des institutions", des "résultats du référendum" et de la position commune des partis politiques grecs établie lundi, a dit une source gouvernementale.

Crédits: Reuters

Deux jours après le retentissant non au référendum, la Grèce a annoncé mardi, au terme d'une réunion de l'Eurogroupe, qu'elle demanderait une nouvelle aide mercredi. Après un sommet de la zone euro en soirée, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE doivent se réunir dimanche.

L'Eurogroupe, que Jeroen Dijsselbloem préside, va organiser mercredi une téléconférence lors de laquelle la question d'un recours au Mécanisme européen de stabilité (MES) sera évoquée. Mardi, il se réunissait pour la première fois avec le nouveau ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos.

La zone euro a montré "une volonté politique de donner une nouvelle chance à la Grèce", a affirmé M. Tsakalotos. Il a évoqué des "progrès".

Le gouvernement grec présentera mercredi un texte de synthèse provisoire, en vue de faire progresser les négociations sur le financement de la Grèce, qui tiendra compte des "propositions des institutions", des "résultats du référendum" et de la position commune des partis politiques grecs établie lundi, a dit une source gouvernementale.

Un sommet européen aura lieu dimanche, a annoncé en soirée le président du Conseil italien Matteo Renzi, après la réunion des dirigeants de la zone euro. Les conditions ne sont pas encore réunies pour entamer des discussions sur un nouveau plan d'aide, a affirmé la chancelière allemande Angela Merkel.

PAYS OPPOSÉS

Elle a également évoqué auparavant un délai de plusieurs jours pour parvenir à un accord avec la Grèce. "Ce n'est pas une question de semaines mais de quelques jours", a-t-elle encore déclaré en réaffirmant le lien entre la solidarité européenne et la responsabilité des dirigeants grecs. Peu après, le président français François Hollande a aussi estimé "que c'est dans la semaine que les décisions doivent être prises".

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a souligné au Parlement européen son souhait "d'éviter un Grexit" (une sortie de la zone euro, NDLR). A quelques heures d'un sommet de la zone euro à Bruxelles, M. Juncker a jugé qu'il "est temps de se retrouver à la table des négociations".

Un volontarisme de moins en moins partagé au sein de la zone euro, où une majorité de pays ne veut plus venir en aide à la Grèce, après deux plans d'aide d'un montant total de 240 milliards d'euros.

Les pays plus durs à l'encontre d'Athènes sont sans surprise l'Allemagne, mais aussi les pays de l'est, ainsi que ceux qui ont été durement frappés par la crise de la dette, comme l'Irlande et le Portugal. La Grèce a choisi de quitter la zone euro à la suite du référendum, a déclaré par exemple mardi le gouverneur de la banque centrale de Lettonie.

DISCUSSION AVEC TSIPRAS

Face à cette coalition, la France, plus accommodante, tente de faire entendre un autre son de cloche en prônant notamment un "rééchelonnement" de la dette grecque, qui avoisine les 180 %.

Avant le début du sommet, une rencontre a eu lieu entre Mme Merkel, M. Hollande, M. Juncker et le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

La veille, M. Hollande avait reçu Mme Merkel à l'Elysée. Ils s'étaient mis d'accord pour faire pression sur M. Tsipras en exigeant de lui des "propositions tout à fait précises" et "sérieuses" pour pouvoir éventuellement négocier un nouveau plan d'aide.

Athènes a demandé un nouveau plan d'aide sur deux ans la semaine dernière pour couvrir ses besoins, soit environ 30 milliards d'euros, tout en restructurant sa dette.

MILLIARDS ATTENDUS

A Athènes, les banques resteront fermées au moins jusqu'à mercredi et les contrôles de capitaux imposés aux citoyens vont se poursuivre.

Le pays doit faire face dans les prochains jours à plusieurs remboursements, certains à des créanciers privés, mais surtout plusieurs milliards d'euros au total à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 juillet.

Si Athènes ne paye pas ou ne trouve pas un accord, la BCE pourrait lâcher les banques grecques, propulsant le pays sur les rails d'une sortie de la zone euro, un scénario complètement inédit.

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