Bilan

Aluminium: menaces sur l’emploi en Valais

Constellium a délocalisé ses opérations de laminage en France, à 500 kilomètres, aux dépens de l’usine voisine de Novelis à Sierre. Une centaine de postes sont en jeu à Steg.

Dans la région de Sierre, les multinationales Constellium et Novelis présentes dans l’aluminium jouent un rôle économique très important. Elles emploient non seulement environ 1200 collaborateurs, mais leurs activités sont fortement imbriquées, au point que l’emploi est menacé lorsque leurs liens se dénouent. C’est ce qui est en train de se passer dans un contexte marqué par l’appréciation continue du franc depuis plusieurs années et un environnement économique difficile.

Détenue par Constellium, la fonderie de Steg ne fournit plus de plaques d’aluminium pour l’usine de Novelis installée à Sierre. De son côté, cette dernière ne procède plus aux opérations de laminage pour le compte de l’usine de Constellium de Sierre. Celles-ci s’effectuent désormais sur le site que le groupe possède à Issoire, en Auvergne (France). Les bandes d’aluminium qui en ressortent retournent ensuite en Valais pour y être transformées pour l’industrie, l’aéronautique et le ferroviaire. 

«Au moins six camions font l’aller et retour chaque jour, soit 1000 kilomètres, entre la Suisse et la France», affirme Blaise Carron. Le secrétaire syndical d’Unia Valais ne cache pas son inquiétude: «Les décisions prises par les deux multinationales font éclater la cohérence de la proximité géographique des différentes activités – fonderie, laminage et production finale – de leur site valaisan. Privée d’un de ses principaux clients, la Fonderie de Steg est menacée. Une centaine d’emplois sont en jeu.»

En été 2012, Constellium avait dû supprimer une centaine d’emplois, dont vingt-neuf via des licenciements. Depuis lors, sa situation reste fragile. Et certains craignent désormais un démantèlement progressif de l’industrie de l’aluminium en Valais.

Alors que Constellium a refusé de répondre aux questions de Bilan, Novelis s’explique. «La fourniture de barres d’aluminium auprès de la fonderie de Steg ainsi que les opérations de laminage avaient été prévues pour une durée de dix ans. Nous restons toutefois ouverts pour chercher des solutions et coopérer avec Constellium si les parties parviennent à se mettre d’accord sur des conditions profitables au bon développement des deux entreprises», affirme Sabine Schauer, directrice de la communication de Novelis Europe. 

Des sièges à l’étranger

Conscient de l’enjeu, le canton du Valais tente de jouer les bons offices. Dans le passé, il a soutenu activement les deux multinationales: Novelis, pour lui permettre de développer sa fonderie et son centre de recherche, et Constellium, pour faciliter la consolidation de sa nouvelle activité dans l’aéronautique. Mais une des difficultés réside dans le fait que leurs quartiers généraux se trouvent à l’étranger: à Atlanta aux Etats-Unis pour Novelis, et à Amsterdam aux Pays-Bas pour Constellium. 

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Du même auteur:

Comment l’Institut de Glion se développe en Gruyère
Le nouveau défi de Bernard Lehmann

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."