Bilan

Airbnb à la conquête des stations de ski

La start-up californienne gagne les régions alpines de Suisse, selon une étude valaisanne. Un canal privilégié pour les prix bradés.
  • En Valais, les offres d'Airbnb sont proposées par des agences pour la moitié d'entre elles.

  • Les chalets sont proposés à la location pour un prix moyen de 446 francs.

  • Airbnb présente l'offre la plus dense dans les grands centres urbains et dans les régions alpines.

L’information circule en Valais : certains chalets proposés par des agences à 50'000 francs la semaine à Zermatt se retrouvent sur Airbnb pour 30'000 francs seulement. Cela vaut, bien sûr, uniquement les périodes creuses.

« Beaucoup de sociétés utilisent aussi Airbnb comme canal de distribution. En multipliant les supports, elles espèrent s’assurer le maximum de locations, quitte à brader le prix », analyse Roland Schegg. Professeur à l’Institut du Tourisme de la HES-SO Valais, celui-ci co-signe la première étude sur les activités d’Airbnb dans la région alpine, en collaboration l’Observatoire Valaisan du Tourisme.

Dans ce canton, Zermatt est la destination la plus chère sur Airbnb, avec un prix moyen de l’hébergement à 504 francs la nuit. Les régions de Bagnes et du Chablais sont ensuite les plus onéreuses, tandis que les meilleurs marchés se situent à Viège et Loèche-les-Bains.

L’étude indique que plus de la moitié (51%) des objets proposés en Valais font partie de portefeuilles de professionnels de l’immobilier. Certaines agences cherchent ainsi à améliorer leur visibilité sur le web. Pour un chalet, le prix moyen est de 446 francs la nuit, 224 francs pour une maison et 199 francs pour un appartement.

Pas de tensions en Valais

 

L’expérience internationale démontre que, très vite, les prix d’Airbnb rattrapent ceux du secteur traditionnel. Ce ne serait pas encore tout à fait le cas en Valais, d’après une estimation superficielle des chiffres.

Y a-t-il des tensions créées par ce nouvel acteur dans l’économie locale du tourisme ? Partout dans le monde, les hébergeurs traditionnels reprochent à Airbnb d’échapper aux taxes, ainsi qu’aux règlementations auxquelles sont soumis les autres acteurs du secteur. « En Valais, la location de privé à privé est un phénomène ancien qu’Airbnb n’a pas fondamentalement changé. Il n’y a pas de levée de bouclier pour l’heure. Mais peut-être que l’emprise d’une société globalisée et très médiatique sur le terrain local va à moyen terme générer des réactions négatives », observe Roland Schegg.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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