Bilan

Accès au marché chinois: les firmes de l'UE veulent des "actes concrets"

La Chambre de commerce de l'UE à Pékin demande à la Chine d'abolir les restrictions et obstacles réglementaires qui entravent les investissements étrangers.
  • En janvier à Davos, le président chinois Xi Jinping avait promis que le géant asiatique "garderait ses portes grandes ouvertes". 

    Crédits: afp
  • La Chambre de commerce de l'UE détaille les barrières en tous genres et les incertitudes qui continuent de décourager l'investissement.

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Que vaut la promesse de la Chine d'ouvrir grand son marché ? Ses engagements tardent à se concrétiser, déplore la Chambre de commerce européenne dans le pays, demandant à Pékin d'abolir les restrictions et obstacles réglementaires qui entravent les investissements étrangers.

L'année 2017 avait pourtant bien commencé : En janvier à Davos, le président chinois Xi Jinping avait promis que le géant asiatique "garderait ses portes grandes ouvertes". Un discours remarqué suivi d'une circulaire gouvernementale prévoyant de "créer un environnement de concurrence équitable" et "d'agir davantage pour attirer les capitaux étrangers".

Mais pour la Chambre de commerce de l'Union européenne (UE) à Pékin, le compte n'y est toujours pas.

Dans son rapport annuel, publié mardi et au ton souvent désabusé, l'organisation détaille sur 400 pages les barrières en tous genres et les incertitudes qui continuent de décourager l'investissement dans la deuxième économie mondiale.

Les entreprises européennes "sont lassées de ces promesses, connaissant bien cette litanie d'engagements (...) qui ne sont jamais véritablement matérialisés", insiste le rapport, exhortant le régime communiste à "supplanter les mots par des actes concrets" et à éliminer les discriminations persistantes visant les firmes à capitaux étrangers.

"Les chiffres parlent d'eux-mêmes: les investissements chinois en Europe se sont envolés de 77% l'an dernier, tandis que les investissements de l'UE en Chine s'effondraient d'un quart", observe Mats Harborn, le président de la Chambre, lors d'un entretien avec des journalistes.

Manque de réciprocité

Finance, électronique, services juridiques, automobile... Autant de secteurs où l'UE accueille volontiers les capitaux chinois et où Pékin perpétue des restrictions pour les investisseurs étrangers: obligation de s'associer en joint-venture avec un partenaire local ou interdiction pure et simple.

"Le manque de réciprocité (...) n'est pas politiquement tenable. Si la Chine n'agit pas, nous redoutons le contrecoup: personne ne veut voir un engrenage de représailles entre grandes puissances commerciales", soupire Mats Harborn.

Avant de marteler: "Nous appelons à l'abolition des lois (chinoises) sur les investissements étrangers", ce régime légal spécifique et restrictif qui entretient "un climat des affaires opaque et insuffisamment prévisible".

Ce rapport intervient alors que les motifs d'inquiétudes s'amoncellent : récente interdiction des importations de certains fromages, nouvelles exigences de certification visant à partir d'octobre les importations agroalimentaires, ingérence accrue du Parti communiste dans la gestion des entreprises...

Enfin, la loi chinoise sur la cybersécurité, qui renforce les contrôles sur l'internet et les stockages de données, accroît "l'incertitude" pour les firmes étrangères.

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