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A Lima, 188 pays se penchent sur les défis du climat et de l'économie

La planète finance se retrouve à partir de jeudi à Lima au Pérou pour ébaucher des réponses aux défis climatiques et d'une économie mondiale en berne.

Les avancées concrètes sont plutôt à attendre du côté d'un autre grand thème qui agite la planète: la lutte contre le changement climatique.

Crédits: AFP

Cent-quatre-vingt-huit pays représentés, un quartier sous haute surveillance et des réunions en cascade: la planète finance se retrouve à partir de jeudi à Lima au Pérou pour ébaucher des réponses aux défis climatiques et d'une économie mondiale en berne.

Une récession planétaire n'est pour l'heure qu'un scénario fantaisiste mais le Fonds monétaire international (FMI), qui tient son assemblée générale cette semaine dans la capitale péruvienne aux côtés de la Banque mondiale, n'en est pas moins inquiet.

"Le Saint Graal d'une expansion mondiale robuste et synchronisée reste hors de portée", a résumé mardi le chef économiste du Fonds, Maurice Obstfeld, braquant un oeil soucieux sur la Chine.

"Il y a des raisons d'être inquiet", avait déjà mis en garde la patronne du FMI, Christine Lagarde, la semaine dernière.

Après des décennies de croissance vertigineuse, la deuxième puissance économique marque le pas, au grand dam de pays émergents habitués à exporter en masse leurs matières premières vers Pékin.

Ces pays "sont dans le pétrin", a résumé l'expert du FMI, mettant également en garde contre l'impact du prochain changement de cap monétaire aux Etats-Unis qui risque d'assécher le financement d'économies en développement.

Plombée par ces incertitudes, la croissance mondiale cette année devrait être la plus faible depuis la récession planétaire de 2009, selon le FMI qui a abaissé ses prévisions mardi.

Selon la Banque mondiale, un dévissage n'est toutefois pas permis et risquerait d'effacer la réduction historique de l'extrême pauvreté sur le globe cette année, qui pour la première fois frappe moins de 10% de la population mondiale.

- Onde de choc -

L'onde de choc résonne particulièrement en Amérique latine, qui n'avait plus accueilli une telle réunion internationale depuis près de cinquante ans: la région devrait tomber en récession cette année, plombée notamment par les malheurs du géant brésilien dont le produit intérieur brut devrait fondre de 3%.

Cette mauvaise passe et les moyens de s'y attaquer devraient figurer en tête des dossiers des ministres des Finances des principaux pays industrialisés et émergents du G20, qui se retrouvent jeudi soir avant leur communiqué final attendu vendredi.

Pour l'occasion, un quartier entier de la capitale péruvienne a été bouclé par des checkpoints militaires, créant le paysage surréaliste d'artères totalement désertes dans une mégapole par ailleurs en proie à une circulation frénétique.

Les grands argentiers du monde ne risqueront donc pas de croiser d'éventuels protestataires mais pourront toutefois se faire une très rapide idée des inégalités qui frappent le Pérou: des fenêtres du musée national, grand édifice stalinien qui accueille la réunion, on peut apercevoir un des bidonvilles qui entourent Lima.

Selon un récent rapport de l'ONG Oxfam, la frange des 1% des plus riches en Amérique latine possède 41% de la richesse totale du sous-continent.

Thème en vogue dans les forums internationaux, les inégalités devraient se faire une place dans les innombrables panels et colloques qui se succèdent cette semaine et qui accueilleront même l'acteur Sean Penn, venu parler de son action dans l'humanitaire.

Mais les avancées concrètes sont plutôt à attendre du côté d'un autre grand thème qui agite la planète: la lutte contre le changement climatique.

A deux mois de la Conférence internationale COP 21 à Paris, un rapport doit dévoiler mercredi l'état des contributions au fonds de 100 milliards de dollars annuels que la communauté internationale s'est engagée à mettre sur pied d'ici à 2020.

La réunion de Paris doit déboucher sur un accord global permettant de limiter le réchauffement climatique à +2°C par rapport à l'ère préindustrielle.

L'assemblée générale de Lima n'échappera pas non plus aux discussions sur la "fin de la récréation fiscale" que l'OCDE estime avoir sifflée lundi en dévoilant un grand plan de lutte contre les stratégies des multinationales pour échapper à l'impôt.

Les ministres du G20, très impliqués dans ce dossier, doivent donner leur approbation à Lima avant le feu vert final des chefs d'Etats et de gouvernements, attendu en novembre lors d'un prochain sommet à Istanbul.

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