Bilan

A la tête de la Fed, Janet Yellen défend "la continuité"

Attendues avec fébrilité par les marchés, les premières déclarations publiques de la présidente de la Fed se sont inscrites sans ambiguïté dans les pas de son prédécesseur, Ben Bernanke.

Janet Yellen a estimé qu'une "politique hautement accommodante" resterait appropriée.

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Pour ses premiers mots à la tête de la banque centrale américaine, Janet Yellen a défendu mardi la "continuité" du soutien de la politique monétaire à l'économie américaine, notant que la reprise de l'emploi était "incomplète".

"Je m'attends à une grande part de continuité dans l'approche de la politique monétaire", a déclaré Mme Yellen, première femme à diriger la Réserve fédérale (Fed), devant une commission du Congrès américain.

Attendues avec fébrilité par les marchés, ses premières déclarations publiques se sont inscrites sans ambiguïté dans les pas de son prédécesseur, Ben Bernanke, qui a apporté depuis 2008 un soutien monétaire massif à l'économie américaine afin de contrer la crise financière américaine. Et depuis décembre, la Fed a commencé à diminuer cette aide monétaire en réduisant progressivement ses injections de liquidités.

Intronisée le 3 février à la tête de la Fed après en avoir été la vice-présidente depuis 2010, Mme Yellen, 67 ans, a notamment assuré que la Fed poursuivrait sur cette voie et qu'elle continuerait "probablement de réduire ses achats d'actifs par étape mesurée".

Sur fond de relative embellie économique aux Etats-Unis, l'institution a commencé à réduire ses achats d'actifs, de 85 milliards en décembre à 65 milliards de dollars actuellement, qui sont destinées à faire desserrer l'étau du crédit.

La nouvelle dirigeante a toutefois estimé qu'une "politique hautement accommodante", consistant à maintenir les taux directeurs de la Fed proches de zéro, resterait appropriée.

PROGRESSION "MODÉRÉE" DE L'ACTIVITÉ

Elle n'a pas évoqué d'échéance précise mais a répété que cette politique des taux bas, en oeuvre depuis la fin 2008, devrait se poursuivre "bien après" le recul du taux de chômage à 6,5%, qui a été un temps présenté comme le seuil attendu par la Fed pour éventuellement changer de cap.

Pour justifier le maintien de cette mesure, Mme Yellen a estimé qu'elle ne s'attendait qu'à une "progression modérée" de l'activité économique et de l'emploi cette année et l'année prochaine.

L'économie des Etats-Unis a progressé davantage que prévu au quatrième trimestre malgré la paralysie budgétaire en octobre, affichant une croissance de 3,2% en rythme annualisé, et le taux de chômage est redescendu à 6,6% en janvier.

"La reprise du marché de l'emploi est loin d'être complète", a toutefois asséné Mme Yellen, réputée faire partie des "colombes" en étant davantage préoccupée par le chômage que par l'inflation au sein de la Fed.

En dépit de l'amélioration comptable, certains experts s'inquiètent de voir un nombre croissant de chômeurs quitter la population active par découragement. Le Fonds monétaire international (FMI) a ainsi récemment souligné que cette érosion était "la première" cause de la décrue du chômage.

Face aux élus du Congrès, Mme Yellen a par ailleurs indiqué que la banque centrale "observait attentivement" la volatilité des marchés financiers mondiaux, alors que les monnaies de plusieurs pays émergents ont connu récemment des corrections sévères.

Déstabilisés par une fuite des capitaux hors de leurs territoires, le Brésil, l'Inde ou la Turquie ont vu leur monnaie plonger au risque de déstabiliser leur économie et d'assécher le financement de leurs entreprises.

En inondant le marché de liquidités, la Fed a été accusée d'alimenter des flux de capitaux volatils qui se sont à nouveau dirigés vers les Etats-Unis sur fond d'anticipation d'un retour à la normale monétaire dans le pays.

La présidente de la Fed a simplement noté "qu'à ce stade", cette volatilité "ne posait pas de risques substantiels pour les perspectives économiques américaines".

En pleine tempête sur les marchés financiers, la Fed avait suscité l'incrédulité de certains experts en ne faisant aucune mention de la situation des pays émergents lors de sa dernière réunion de politique monétaire fin janvier.

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