Bilan

"Oui" à l'initiative contre l'immigration de masse

Les Suisses ont dit "oui" à 50,3% à une limitation de l'immigration, notamment européenne, lors des votations du 9 février.

Les Suisses ont dit "oui" à 50,3% à une limitation de l'immigration.

 

Crédits: DR

Les électeurs suisses ont dit "oui" dimanche, à une courte majorité de 50,3%, à une limitation de l'immigration, ce qui risque d'envenimer les relations avec l'Union européenne.

Le référendum, intitulé "contre l'immigration de masse", a été organisé à l'initiative du parti UDC (droite populiste), excédé par la forte hausse du nombre des immigrés ces dernières années.

Les conséquences de ce vote, qui marque un coup d'arrêt à la politique de libre-circulation des personnes entre l'UE et la Suisse, sont toutefois encore difficiles à évaluer.

Dans un communiqué, la Commission européenne a "regretté" la décision des Suisses exprimée par ce référendum d'introduire des quotas d'immigration et "examinera les implications de cette initiative sur l'ensemble des relations entre l'UE et la Suisse".

"C'est un changement de système avec de grandes conséquences pour les Suisses et nos relations avec l'UE", a à cet égard noté la ministre suisse de la Justice Simonetta Sommaruga. "C'est un vote de défiance envers les autorités" et "aussi un vote contre les milieux économiques", a-t-elle ajouté.

"C'est un mauvais résultat, la Suisse a besoin de bonnes relations avec l'UE", a, quant à lui, déclaré le syndicaliste et député socialiste Paul Rechsteiner, dont le parti parle de "défaite".

Tandis que pour le patronat suisse, une période d'"incertitude commence pour l'économie suisse, ce qui n'est pas bon".

Depuis plusieurs années, la Suisse, un petit pays alpin, peuplé de huit millions d'habitants, qui ne fait pas partie de l'Union européenne, est considéré comme un Eldorado par de nombreux Européens à la recherche d'un emploi.

Près de 80.000 Européens s'installent tous les ans en Suisse, ce qui est considéré comme insupportable par les initiateurs du référendum.

Au moment de l'entrée en vigueur de la libre-circulation, qui s'est faite progressivement depuis 2002, les autorités avaient estimé qu'il n'y aurait que 8.000 nouveaux arrivants par an maximum.

Le texte voté dimanche prévoit le rétablissement de quotas et de contingents, en fonction des besoins du pays.

C'est un système avec lequel la Suisse a vécu avant les accords bilatéraux avec l'UE et qui se traduit par beaucoup de tracasseries administratives, fustigées par les employeurs.

La Suisse est liée à l'UE par une série de sept accords bilatéraux, dont celui sur la libre-circulation.

De source européenne, on indique dimanche que si ce dernier accord est dénoncé, au bout de six mois, les six autres accords signés en même temps en 1999 (Bilatérales I) deviendront à leur tour caducs.

Ces accords, supprimant des obstacles techniques au commerce entre la Suisse et l'UE, portent également sur le transport aérien et terrestre, l'agriculture et la recherche.

Toujours de même source, l'adhésion de la Suisse à l'espace Schengen abolissant les frontières, serait également remise en question, la libre circulation étant considérée comme un préalable par Bruxelles.

En 2013, les étrangers représentaient 23,5% (1,88 million de personnes) de la population en Suisse.

Avant les accords de libre-circulation avec l'UE, il y avait environ 20% d'étrangers dans ce pays. Actuellement, 1,25 million d'entre eux sont issus de l'UE-27 ou de l'Association européenne de libre-échange (AELE). Les Italiens et les Allemands sont les plus nombreux, avec respectivement 291.000 et 284.200 ressortissants.

Ils sont suivis par les Portugais (237.000) et les Français (104.000). A titre d'exemple, l'an dernier, la population du canton de Neuchâtel a progressé de 10%, une hausse due à une arrivée massive de ressortissants portugais.

A ces étrangers, il faut ajouter, selon l'UDC, les frontaliers qui sont dans la région de l'Arc Lémanique, autour du lac Léman, quelque 113.000, dans le Tessin 60.000, tout comme dans la région de Bâle.

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