Bilan

«On nous disait de repousser les limites»

Kweku Adoboli jugé à Londres pour une fraude ayant coûté 2,3 milliards de dollars à UBS, a affirmé mardi que ses supérieurs étaient au courant de ses activités et l'encourageaient à «repousser les limites».
L'ancien trader jugé à Londres, a affirmé que ses supérieurs étaient au courant de ses activités et l'encourageaient à aller toujours plus loin.

«Il n'y avait pas de secrets, il n'y avait rien de caché», a-t-il déclaré lors du procès, interrogé par son avocat.

«On nous disait d'y aller, on y allait. On nous disait de repousser les limites, donc nous repoussions les limites. On nous disait +tu ne sauras pas où est la limite avant que l'on ne te tape sur les doigts», a-t-il ajouté.

«Nous avons trouvé la limite, nous sommes arrivés au bord, nous sommes tombés et j'ai été arrêté», a-t-il conclu.

Yassine Bouhara, un des supérieurs d'Adoboli, lui aurait écrit dans un courrier électronique : «Tu ne sais pas quelles sont tes limites avant que tu ne repousses la limite si loin que l'on te tape sur les doigts».

Agé de 32 ans, Kweku Adoboli, qui a commencé vendredi à s'exprimer à la barre dans cette affaire, plaide non coupable de six «abus de position» ou fraudes comptables, qui pourraient lui valoir dix ans de prison.

L'accusation, qui le qualifie de «trader voyou», lui reproche d'avoir dépassé ses limites de courtage autorisé, en inventant des opérations fictives et en mentant à ses supérieurs pour chercher à faire progresser son bonus et ses perspectives de carrière.

Ses agissements ont débuté en 2008 et auraient duré jusqu'au moment de son arrestation, en pleine nuit le 15 septembre 2011 par la police londonienne, dans son bureau de la City.

Kweku Adoboli avait assuré lundi que ses pertes s'étaient accumulées après que des traders expérimentés l'eurent convaincu de passer en juillet 2011 d'un point de vue baissier sur les marchés à un point de vue haussier, soit de parier sur la hausse du marché plutôt que sur la baisse.

Ce changement de stratégie lui a fait perdre le contrôle, a-t-il indiqué mardi. «J'ai totalement perdu le contrôle, je ne contrôlais plus les décisions autour des opérations que nous effectuions», a-t-il confié, assurant que s'il avait tenu le cap dans sa stratégie «juste un jour de plus», «ces pertes ne seraient jamais intervenues».

Ces déclarations de Kweku Adoboli interviennent le jour de l'annonce par UBS de près de 10'000 suppressions d'emplois dans le cadre d'une réorganisation en profondeur de sa division banque d'affaires où travaillait l'ex-trader.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."