Bilan

«M. Minder cache des détails importants»

Sur le mode «il pose la bonne question mais répond de manière fausse», le comité Non à Minder a lancé sa campagne sur les salaires de patrons jugés abusifs. Interview de Martin Landolt, président du PBD.
Cela fait des années qu’on en parle… L’initiative Minder a été déposée en 2008. Elle sera soumise à la population le 3 mars prochain. Parlement et Conseil fédéral qui rejettent le texte de l’entrepreneur schaffhousois lui préfèrent le contre-projet indirect concocté par le parlement.

Un texte plus clair, selon le comité «Non à l’initiative Minder», qui va plus loin dans les domaines sensibles, et qui ne met pas en danger le modèle entrepreneurial libéral de la Suisse. Le président du PBD, le conseiller national glaronais Martin Landolt, est à la manœuvre. Interview.

<%=misc::zitat%> – Pourquoi est-ce le PBD, le plus petit des partis bourgeois, qui prend le leadership de cette importante votation?

Martin Landolt – Le PBD n’a pas peur de prendre cette responsabilité. Et nous ne sommes pas seuls. Nous sommes soutenus par presque tous les autres partis et par la plupart des organisations faîtières de l’économie. Je pense que tout cela montre bien l’unanimité autour du contre-projet que nous défendons.

Justement, vous êtes en quelque sorte tous contre lui. David contre Goliath, dans une votation très émotionnelle. N’est-ce pas de nature à lui apporter un supplément de sympathie?

C’est pourquoi nous voulons montrer avec notre campagne que M. Minder avec son argumentaire très émotionnel cache des détails qui sont très importants. La contre-proposition élaborée par le Parlement est une meilleure solution contre les abus. Abus que nous ne défendons absolument pas d’ailleurs. Je pense que si nous devons bien expliquer ce contre-projet, qui hors mauvaise humeur, est un texte plus adapté.

En quoi le contre-projet est-il meilleur que l’initiative Minder? Un exemple?

Par exemple, l’interdépendance entre les salaires et les résultats de l’entreprise. M. Minder n’en dit rien et nous, nous proposons un règlement de rémunération, avec son comité, qui va créer des garde-fous. Ça, c’est un élément très important. Car les gens aussi étaient offusqués non seulement par des salaires très importants, mais aussi par le fait que des managers ont touché des rémunérations alors que l’entreprise enregistrait des pertes. Ça, on ne pouvait l’éviter jusqu’à maintenant. Le texte de M. Minder n’en dit rien. Et le contre-projet l’interdit.

M. Landolt, vous êtes aussi salarié et conseiller politique auprès d’UBS, n’est-ce pas courir le risque de discréditer le contre-projet du parlement?

Au contraire. Si on réfléchit à mon engagement professionnel chez UBS, il faut se poser la question de pourquoi je viens ici pour lutter contre les abus et non pas les défendre. Le contre-projet est le texte du parlement et non seulement je l’ai voté, mais je prends mes responsabilités et je monte au front pour le défendre.

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