Bilan

«La menace ressentie sur le web a beaucoup augmenté»

Les entreprises se doivent d'avoir une présence sur internet. Si elles sont conscientes du potentiel, elles ont appris à ne pas en sous-estimer les risques, quitte à investir encore plus dans leur sécurité. Interview d'un professionnel des centres de données.
Les centres de données sont devenus des endroits statégiques. Ici des serveurs de Facebook basés à Lulea, à 900 km au nord de Stockholm en Suède. Crédits: Keystone

Bastien Aerni occupe la fonction de directeur des ventes chez Interoute, spécialisé dans l’hébergement et les solutions de type Cloud. L'entreprise, active dans le monde et très présente en Europe, gère quatre centres de données en Suisse, dont un de niveau très élevé à Genève et certifié entre autres par l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA). Il revient sur l'évolution des clients face à la sécurité des données.

Bilan - Quel est l'état d'esprit de vos clients, à l'heure où les révélations sur la surveillance, voire le piratage des données provoque des crises des deux côtés de l'Atlantique?

Bastien Aerni - Ceux-ci s’inquiètent compte tenu du contexte actuel et la sécurité redevient un enjeu majeur: il faut protéger les données. C'est une tendance de plus en plus visible.

Et ce, alors qu'Internet s'est imposé partout et continue d'étendre sa toile...

Oui, les clients sont de plus en plus exposés mais aujourd’hui plus rien ne se fait sans internet et le risque zéro n'existe pas. Ils en sont conscients et n'hésitent pas à relever leurs exigences.

Comment cela?

Nous avons pu voir une évolution depuis deux ans, lorsque la sécurité disposait d’un budget mais n’était pas vue comme primordiale. Maintenant, les clients ne font plus de compromis et choisissent des niveaux de sécurité accrus face au risque ressenti.

- Une tendance qui touche tous les clients?

Absolument. Qu'ils s'agisse de banques, d'assurances, d'industriels ou encore d'entreprises horlogères. Nous comptons aussi parmi nos clients des organisations internationales, gouvernementales et non-gouvernementales, comme l’UEFA, et elles ont toutes la même soif de sécurité.

Comment prend-t-elle forme?

Nous pouvons les rassurer avec les prestations offertes en termes d'infrastructures, de données ou de services spécifiques, tels que les firewalls, la mitigation DdoS mais aussi par le fait que nous ne sommes pas liés à un gouvernement ou aux marchés, n'étant pas coté en bourse. En outre, les clients apprécient quand nous leur disons que nous sommes propriétaires de notre fibre optique. Nous avons par exemple une ligne tirée sous l’Atlantique entre les continents américain et européen. Cela représente en tout 60'000 kilomètres de fibre tirée.

La loi sur les protection des données en Suisse n'entre pas en ligne de compte?

Bien entendu. La Suisse sort du lot : c’est un pays avec une petite surface géographique mais qui a beaucoup à offrir dans cette activité.

(Newsnet)

Pascal Schmuck

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