Bilan

«La banque Wegelin s'est surestimée»

La banque privée Wegelin a fait naufrage pour n'avoir pas vu venir les changements qui se dessinaient dans les affaires bancaires, estime Konrad Hummler.
L'ancien associé-gérant principal de l'établissement reconnaît aussi des erreurs, et admet qu'il s'est surestimé.

Dans une interview à la Weltwoche parue jeudi, Konrad Hummler dit qu'existait «un sentiment d'invulnérabilité». Comme patron, sa part de responsabilité est de «100 pourcent». Il ajoute avoir sous-estimé le danger des sanctions américaines.

La banque Wegelin n'a pas réalisé qu'en prenant part au système financier lié au dollar, elle devait de facto se soumettre à la législation américaine. Elle n'a pas su voir qu'une menace de plainte des autorités des Etats-Unis pouvait suffire à envoyer une banque suisse dans l'au-delà, explique Konrad Hummler.

Dans cette interview, il ne conteste par ailleurs pas que la banque Wegelin a utilisé les différences entre les législations américaine et suisse pour réaliser des affaires. Son établissement a continué à opérer dans la conviction de la souveraineté de l'Etat de droit sur son propre territoire, alors même que les standards légaux suivaient la voie d'une globalisation rapide.

Effet rétroactif

«Je tenais pour impensable qu'une banque pouvait être criminalisée également avec effet rétroactif. En d'autres termes, que ce qui était légal sur un territoire à un moment donné pouvait être par la suite considéré comme illégal. C'est de là qu'ont découlé toutes les erreurs de la banque Wegelin», selon Konrad Hummler.

La banque privée s'était sabordée le 27 janvier 2012, à la suite de l'inculpation de trois conseillers soupçonnés d'avoir aidé des contribuables américains - en fait d'anciens clients d'UBS craignant d'être découverts - à échapper au fisc.

Le plus ancien gestionnaire de fortune suisse, fondé en 1741, a alors transféré ses affaires non américaines à la banque privée Notenstein, créée à cet effet et reprise par le groupe Raiffeisen. Et en mars dernier, Wegelin qui avait plaidé au début de cette année coupable d'avoir aidé des citoyens américains à soustraire leur argent au fisc, a été condamnée à 74 millions de dollars d'amendes et d'indemnités aux Etats-Unis.
Myriam Amara

Aucun titre

Lui écrire

Aucune biographie

Du même auteur:

Globus à la baisse en 2012
Mario Monti ouvrira la grand-messe davosienne

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."