Bilan

«Il faut investir dans l’économie réelle»

Les opportunités de rendement dans le tissu régional méritent d’être plus largement valorisées, estime l’investisseur Adam Said.

Adam Said, de ACE & Company, investit dans des sociétés suisses à haut potentiel.

Crédits: Niels Ackermann / rezo

Société genevoise de private equity, ACE & Company a investi depuis sa création plus de 550 millions de francs dans des entreprises non cotées.

Si 60% de ces fonds financent des entreprises matures, 30% sont destinés aux phases de croissance et 10% à l’amorçage de start-up. Le cofondateur Adam Said évoque les opportunités à saisir. 

Le rendement des placements n’est aujourd’hui plus le même. Une opportunité pour le private equity?

Avec les taux négatifs et des marchés volatils, les vraies opportunités sont clairement dans l’économie réelle. Beaucoup trop de capitaux, après la crise financière, sont entrés dans des produits financiers. Aujourd’hui, pour aider l’économie à se réinventer, il est nécessaire d’investir dans les sociétés régionales à haut potentiel, créant ainsi un cercle vertueux qui favorise l’emploi local. C’est ce qui fait la différence. 

Et vous, comment investissez-vous localement?

Dans la région, nous sommes très actifs dans des secteurs traditionnels comme la restauration et l’alimentation. Notre portefeuille comprend des groupes comme Pouly ainsi que des sociétés dans la production et la vente. Nous sommes présents dans des industries de niche dans le canton de Vaud. Et désormais nous observons de près le développement des infrastructures. Ce sont en général des sociétés de taille moyenne, avec des opérations solides, qui nécessitent un financement important pour grandir.  

Les capitaux pour faire croître les jeunes entreprises proviennent majoritairement d’investisseurs étrangers. Est-ce un problème? 

Au vu de notre petit marché, les sociétés suisses sont par nature destinées à être globales. Il est par conséquent attendu qu’elles se tournent vers les capitaux étrangers. En revanche, les investisseurs locaux pourraient être plus actifs, notamment pour permettre une meilleure protection de notre économie. C’est une bonne chose si les caisses de pension peuvent contribuer à ces investissements, mais l’impulsion réelle doit venir des investisseurs suisses. Il faut sortir de cette politique trop conservatrice. D’autant plus qu’il y a à la clé de bons rendements.  

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Lui écrire

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

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