Bilan

«Il faut augmenter la vignette ou ce sera l'essence»

La conseillère d'Etat vaudoise Nuria Gorrite se lance dans la bataille pour la vignette à 100 francs. Des projets comme le contournement de Morges coûteront très cher.
Nuria Gorrita, conseillère d'Etat (PS) vaudoise en charge du Département des infrastructures. Crédits: Jean-Bernard Sieber
Les cantons se jettent à leur tour dans la bataille pour l'augmentation de la vignette autoroutière de 40 à 100 francs. Ils recommandent aux Suisses de voter oui le 24 novembre prochain. Une hausse combattue par les associations d'automobilistes. La Conférence des directeurs cantonaux des travaux publics, de l'aménagement du territoire et de l'environnement (DTAP) appuie les autorités fédérales dans leur campagne.

La ministre vaudoise Nurria Gorrite (PS) a plaidé lundi 23 septembre aux côtés de la conseillère fédérale Doris Leuthard. Questions.

la Tribune de Genève Pourquoi les cantons se lancent dans la bataille de la vignette? Vous pressentez que la pilule sera difficile à faire avaler?

Nuria Gorrite - Tout le monde est un peu réticent à l'idée de payer davantage, c'est naturel. Mais les hommes et femmes politiques qui assument la charge du réseau routier doivent avoir l'honnêteté de rappeler les enjeux. Le réseau routier coûtera de plus en plus cher car il s'agit non seulement de l'entretenir mais aussi le préparer aux besoins de mobilité de demain. Il y a des contournements de villes importants à réaliser, dont Le Locle et la Chaux-de-Fonds, et aussi l'étude pour le contournement de Morges. Pour cela, l'augmentation de la vignette à 100 francs, soit 17 centimes par jour, est indispensable.

Une augmentation de 150% d'un coup, n'est-ce pas énorme?

Oui si on parle en pourcentage, mais non en valeur absolue. Le prix de la vignette n'a pas changé depuis 1995, alors que les prix des transports publics n'ont pas cessé d'augmenter. La vignette peut être considérée comme une taxe comparable à un abonnement routier forfaitaire.

Et si le peuple refuse?

L'arrêté sur les routes nationales est directement lié au financement. Nous n'aurions plus la garantie d'engager les travaux. Il faudrait alors trouver d'autres sources de financement, notamment l'augmentation du prix de l'essence.

Une forme de chantage?

Non c'est de la transparence. Ni l'entretien ni les travaux ne sont gratuits et ils sont indispensables. Je prends l'exemple de Morges. Avec 100'000 véhicules par jour, c'est l'un des axes les plus chargés du pays. Demain, on prédit 130'000 véhicules, y compris avec toutes les mesures de transfert modal, le covoiturage ou le télétravail. Bloquer le financement nous ferait perdre du temps et n'apporterait aucune solution au problème.

Est-ce que les automobilistes ne paient pas trop pour les transports publics?

Le peuple suisse a accepté quatre fois en votation le principe de ce financement croisé. Les citoyens ont considéré qu'encourager le transport des marchandises par le rail contribue à libérer les routes des camions et à rendre le trafic plus agréable.

On ne peut pas séparer transports routiers et transports publics. D'ailleurs les cantons doivent non seulement entretenir les routes cantonales, mais aussi contribuer au réseau ferroviaire national dont l'adaptation coûtera 200 millions de francs ces prochaines années.

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