Bilan

«Entre Le Locle et Genève, les prix de location passent du simple au double»

Si le taux de vacance reste très faible dans l’arc lémanique, il grimpe à plus de 5% à Sion, constate Oliver Hofmann, CEO de Wincasa.
  • Le marché immobilier actuel recèle des opportunités intéressantes.

  • Depuis 2013, Oliver Hofmann est à la tête de Wincasa, une filiale du groupe PSP.

    Crédits: dr

Diplômé de l’université de Zurich, Oliver Hofmann dirige Wincasa depuis 2013. Filiale du leader immobilier helvétique SPS, cette société fonctionne comme prestataire immobilier intégral avec 25 sites et emploie environ 860 personnes en Suisse.

Bilan: Le marché de la location est-il toujours très tendu en Suisse romande?

Oliver Hofmann: La situation est très variable d’un endroit à l’autre. Sur l’arc lémanique entre Genève et Lausanne, les opportunités de location intéressantes restent rares, avec un faible taux de vacances oscillant autour des 0,8%. En revanche à Sion, ce taux monte en dessus de à 5% par exemple. Les prix d’un quatre pièces de 100 mètres carré passent du simple au double entre Le Locle et Genève, de 1500 francs à 3600 francs mensuels. La pénurie est encore attisée par le fait que dans les centres-villes, nombre de personnes âgées rechignent à quitter des appartements devenus trop grands pour eux. En effet, ces logements où ils ont élevé leurs enfants leur coûtent bien moins chers qu’un appartement plus petit, aux prix actuels du marché.

Est-ce que l’offre en logements doit augmenter et entrainer une détente du marché de la location?

De grands projets immobiliers comme Praille-Acacias-Vernets ("PAV") à Genève ou Métamorphose à Lausanne doivent amener des centaines de logements sur le nouveau marché ces prochaines années. Si le flux migratoire reste modéré sur la ligne de ce qu’il est depuis quelques années, il faudra être attentif à ne pas créer une surabondance d’offre. Entre 2007 et aujourd’hui, le taux d’annonce, soit la durée pour qu’un logement retrouve un locataire, s’est déjà allongé en moyenne de 31 à 40 jours. Dans le haut-de-gamme, la demande a significativement baissé suite à la diminution des aides financières attribuées à leurs expatriés par les multinationales et la baisse des revenus dans le secteur de la finance.

Aujourd’hui de nombreuses surfaces de bureaux peinent à trouver preneur. Comment se comporte ce marché ?

Les standards ont évolué. Il y a 10 ans, un employé dans la finance bénéficiait de 15 à 20 mètres carré de bureau contre 12 mètres carré aujourd’hui. En transférant les centres administratifs des centres ville à la périphérie, comme l’ont fait de nombreux établissements qui ont quitté le centre genevois pour les Acacias, les sociétés voient les charges se réduire de presque la moitié, d'approximativement 600 à 350 francs le mètre carré. Les surfaces difficiles à louer sont typiquement situées dans de vieux bâtiments de la périphérie, alors que l’offre premium des centres ville reste très prisée.

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Alors que les Suisses sont toujours plus nombreux à faire leurs achats sur internet, quel est l’avenir des centres commerciaux ?

La Suisse compte son premier « Dead Mall » depuis l’année dernière. Il s’agit du Centro Ovale, au Tessin. Pour trouver sa clientèle, un centre commercial doit aujourd’hui offrir un mix attractif de locataires, du divertissement, davantage de surface gastronomique et de services. Cette offre peut s’étendre à des activités dans la santé et le bien-être avec un centre de soins dentaires et une permanence médicale par exemple. Les complexes qui restent voués à l’électronique grand public, au sport et à la confection risquent de péricliter. L’âge moyen du parc immobilier de centres commerciaux helvétique est de 40 ans. Une vétusté qui favorise les nouvelles constructions ou des re-positionnements fondamentaux aux yeux des consommateurs.

Avez-vous un conseil pour trouver le logement de ses rêves ?

Les outils numériques sont aujourd’hui très performants. C’est la rapidité de réaction qui fait la différence entre le chanceux qui va décrocher une excellente affaire et les autres. Souscrivez des alertes automatiques auprès des principaux portails immobiliers en ligne et ne perdez pas une seconde si un objet vous plait.

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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