Bilan

"Business time" pour les candidats républicains à la Maison-Blanche

L’accord budgétaire entre la Maison-Blanche et le Congrès lundi replace la politique fiscale et budgétaire au cœur de la campagne pour la présidentielle américaine de 2016.

Le milliardaire avait affirmé qu’il se “battait comme un fou” pour payer le moins d’impôts possible.

Crédits: Dr

La Maison-Blanche et le Congrès ont annoncé un accord budgétaire lundi soir. Même modeste, ce rapprochement entre démocrates et républicain permet enfin à Washington d’avancer un peu plus sereinement que ces dernières années. S’il est accepté par les parlementaires, cet accord mettra fin aux coupes automatiques dans les dépenses gouvernementales que ne cessait de dénoncer Barack Obama et libérera les Etats-Unis du risque de faire défaut à leur dette au moins jusqu’en mars 2017.

Cet accord replace la politique budgétaire et fiscale au coeur de la campagne présidentielle américain. Les candidats républicains à la succession de Barack Obama à la Maison-Blanche en janvier 2017 ont déjà commencé à recycler les principes fiscaux chers à George W. Bush et ont poursuivi sur leur lancée à l’occasion du troisième débat organisé mercredi soir par la chaîne d’information économique CNBC.

Donald Trump avait donné le ton le mois dernier. Le milliardaire avait affirmé qu’il se “battait comme un fou” pour payer le moins d’impôts possible. Sa recette: concocter un programme économique prévoyant de réduire le taux d’imposition des hauts revenus de 40% à 28%. “Cela offrira un gros répit en matière fiscale aux classes moyennes et à la plupart des autres Américains”, avait-il affirmé lors d’une conférence de presse à New York. “Cela simplifiera le code fiscal et fera croître l’économie américaine à un niveau qu’elle n’a pas vu depuis des décennies”.

Jeb Bush, le frère cadet de George W.Bush, Chris Christie, le gouverneur du New Jersey, et John Kasich, le gouverneur de l’Ohio, ont tous l’intention de réduire le taux d’imposition à 28%. Marco Rubio prône une baisse plus modeste à 35%. Ben Carson, le seul candidat noir chez les conservateurs et l’homme qui fait désormais la course en tête dans les sondages, a une idée beaucoup plus simple: une taxe de 10% applicable à tous les ménages et calquée sur les principes d’une dîme biblique.

Profond déficit

Les républicains peinent néanmoins à répondre à une question depuis des mois: comment compenseraient-ils les baisses de revenus d’Etats-Unis qui luttent contre un profond déficit depuis la présidence de George W. Bush? A cette époque, le mariage budgétaire toxique entre les baisses d’impôts et le financement des guerres d’Irak et d’Afghanistan, avait vu son impact être encore amplifié par la crise économique qui avait frappé l’Amérique de plein fouet.

Les républicains devront aussi répondre ces prochains mois à des questions dérangeantes sur l’une des success stories économiques aux Etats-Unis: le Colorado qui accueille ce débat ce soir, a légalisé la marijauna en 2012. En 2014, les ventes de marijuana à usage médical ont généré un chiffre d’affaires de 700 millions de dollars et des recettes fiscale de 76 millions de dollars.

A l’exception de Rand Paul, le Sénateur du Kentucky, la grande majorité des républicains dont Donald Trump prônent l’intransigeance face à la marijuana, mais certains dont Jeb Bush sont prêts à laisser les Etats décider seuls de la politique à adopter. Jeb Bush qui avait reconnu lors du second débat avoir fumé de la marijuana dans sa jeunesse, jouera d’ailleurs gros ces prochaines semaines après avoir dû restructurer sa campagne et couper radicalement dans les salaires de son staff le 23 octobre dernier. 

Jean-Cosme Delaloye

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."