Bilan

90% des travailleurs domestiques n'ont pas de protection sociale

90% des travailleurs domestiques sont licenciés lorsqu'ils deviennent vieux ou blessés, sans retraite ni soutien adapté en matière de revenus, selon l'OIT.

Quelques jours après la Journée internationale des femmes, l'OIT rappelle que 60% des travailleurs domestiques sont des femmes.

Crédits: Keystone

Les travailleurs domestiques manquent encore trop souvent de conditions décentes dans leur emploi. Dans une nouvelle étude publiée lundi à Genève, l'OIT révèle que 90% de ces 67 millions de personnes ne disposent d'aucune protection sociale.

Lorsqu'ils "deviennent vieux ou blessés, ils sont licenciés, sans retraite ni soutien adapté en matière de revenus. Cela peut et doit être réparé", dit la directrice de la protection sociale à l'OIT, Isabel Ortiz.

Quelques jours après la Journée internationale des femmes où elle avait déjà évoqué cette thématique, l'Organisation internationale du travail (OIT) rappelle que 60% des travailleurs domestiques sont des femmes.

Les difficultés pour améliorer la situation sont liées notamment à l'emploi souvent de plusieurs personnes dans des habitations privées. La rotation est importante, les paiements en nature, les salaires irréguliers et les contrats formels absents, conclut l'étude menée dans 163 pays.

Selon des données suisses publiées en 2009, les travailleurs domestiques gagnent 10,3% de moins que ceux qui effectuent les mêmes tâches ailleurs que dans des habitations privées. La Suisse, où la couverture est obligatoire, figure parmi les pays où le taux de protection est le plus important.

Europe également touchée

Les discriminations sur la protection sociale sont particulièrement importantes dans les pays en développement. Des régions, comme l'Asie ou l'Amérique latine, où les travailleurs domestiques constituent 68% des personnes actives.

Mais le problème est également constaté en Europe, notamment en Italie où 60% de ces travailleurs ne contribuent pas à la sécurité sociale. Le taux atteint 30% en France ou en Espagne.

Les migrants qui occupent ces emplois, estimés à 11,5 millions de personnes dans le monde, sont particulièrement vulnérables. Dans un pays sur sept parmi ceux qui attribuent une protection sociale aux travailleurs domestiques, ils ne bénéficient pas des mêmes droits que leurs collègues.

Appel lié à la fiscalité par l'OIT

Pour toutes ces personnes, l'OIT recommande une couverture obligatoire mais aussi des encouragements fiscaux, des chèques-service ou des plans d'enregistrement. L'emploi domestique devrait également être intégré à des politiques plus larges pour réduire le travail informel.

Plusieurs pays montrent qu'une protection est adaptée est possible et peu coûteuse. Parmi eux figure notamment le Mali. Les droits augmentent globalement dans le monde, mais le problème n'est pas résolu et pas justifié, explique l'OIT.

Seuls 22 Etats, dont la Suisse, ont pour le moment ratifié la Convention sur les travailleurs domestiques, adoptée en 2011.

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