Bilan

83 millions d'euros en cadeau d'impôts à Bernard Tapie

Bernard Tapie, mis en cause dans un arbitrage controversé de l'Etat français où il avait récupéré 400 millions d'euros, a aussi bénéficié, selon Libération, d'une ristourne fiscale de dizaines de millions d'euros.
Selon le journal français Libération, le ministre du Budget Eric Woerth aurait octroyé des millions d'euros d'exonérations fiscales à Bernard Tapie, sur les sommes qu'il aurait dû payer dans l'arbitrage de l'affaire Adidas qui lui était déjà extrêmement favorable. Crédits: Captuer d'écran
Cinquante-quatre à quatre-vingt trois millions d'euros. C'est la somme rondelette dont aurait bénéficié Bernard Tapie, sous forme d'abattement fiscal, qu'il aurait dû payer sur l'argent de l'arbitrage dans l'affaire Adidas. C'est en tout cas la conclusion de l'enquête menée par Libération et révélée dans l'édition de ce vendredi 25 octobre.

Bien sûr, l'ex-patron de l'Olympique de Marseille dément ces accusations. Il n'a payé, selon le journal, que 11,2 millions d'euros sur «l'argent de l'arbitrage» rendu en 2008, qui lui avait accordé plus de 400 millions d'euros. La ristourne aurait été «accordée en avril 2009 par le ministre du Budget de l'époque, Eric Woerth, contre l'avis de l'administration fiscale».

M. Tapie est mis en cause depuis plusieurs mois dans l'enquête sur l'arbitrage controversé de son litige avec la banque du Crédit Lyonnais dans la vente de l'équipementier sportif Adidas, qui lui avait octroyé 403 millions d'euros en 2008. Les juges d'instruction soupçonnent l'arbitrage d'avoir été truqué au profit de l'homme d'affaires.

L'Etat veut récupérer 400 millions

L'Etat français multiplie les attaques judiciaires pour tenter de récupérer 403 millions d'euros dans cette affaire. «Tout est absolument faux», a déclaré Bernard Tapie. L'homme d'affaires assure au contraire que le fisc lui a fait payer «7 millions de trop» et qu'«un arrêt récent du Conseil d'Etat reprend mot pour mot l'analyse du cabinet fiscaliste» intervenu pour le compte du liquidateur de sa société GBT (Groupe Bernard Tapie).

«Les discussions n'ont pas eu lieu avec Eric Woerth mais avec l'administration fiscale. Et je n'avais de toute façon pas la parole, puisque j'étais en liquidation», a-t-il ajouté. Libération livre le récit de longues négociations entre le camp Tapie et la «cellule fiscale» du ministère du Budget, chargée des personnalités. Contacté, l'avocat de M. Woerth, Me Jean-Yves Le Borgne, n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat.

Pour Bernard Tapie, la fiscalité qui doit s'appliquer est celle des plus-values alors que le fisc estime qu'il s'agit d'un impôt sur les sociétés, à 33,33%, écrit le journal. Finalement, deux projets auraient été soumis à Eric Woerth. L'un à 94 millions d'euros, en appliquant une taxation à 33,33%, et l'autre à 65 millions d'euros. Mais l'ancien ministre aurait effectué des «coupes» jusqu'à parvenir à la somme de 11,2 millions d'euros, affirme le quotidien.
Marion Moussadek

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