Bilan

31% des Romandes harcelées au travail

En collaboration avec Qualinsight, Bilan a mené un sondage auprès de 300 femmes actives portant sur leurs conditions de travail et l’égalité homme-femme. Voici les premiers résultats.
  • Selon notre sondage, 64% des femmes victimes n’ont entamé aucune procédure pour dénoncer leur harcèlement.

    Crédits: Westend61/getty images

#metoo et #balancetonporc: les réseaux sociaux bruissent de ces voix qui s’élèvent depuis octobre 2017 pour dénoncer des faits de harcèlement. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, Bilan a lancé une enquête auprès de 300 femmes actives en Suisse romande avec l’institut Qualinsight. Voici les résultats.

Un premier chiffre choque dans ce sondage: 31% des femmes interrogées ont déjà vécu une situation de harcèlement sur leur lieu de travail. En France, les sondages placent le curseur entre 20 et 22%. Une enquête menée par GfK Suisse en décembre révélait que 9% des femmes avaient été victimes au cours des deux dernières années.

Un véritable fossé générationnel est à noter: 38% des 18-34 ans interrogées disent avoir été harcelées au travail contre 25% des 50-65 ans. «Cette différence peut être expliquée par une perception plus sensible aujourd’hui chez les jeunes générations que chez leurs aînées, qui avaient sans doute intégré des comportements que l’on a longtemps tolérés de la part des hommes», estime Joanna Bürgisser, avocate au Barreau de Genève spécialisée dans le droit du travail et les relations femmes-hommes.

Or, sur les 31% de femmes s’estimant victimes, 64% avouent n’avoir entamé aucune démarche. Le harcèlement sexuel dans le monde du travail reste donc largement méconnu, même des entreprises. Pourtant, il n’est pas anodin: 46% des femmes estiment que la situation a nui à leur vie professionnelle. «Près des deux tiers gardent cela pour elles: c’est véritablement une omerta liée souvent à un sentiment de résignation, voire de honte, ou à une peur de voir la dénonciation se retourner contre l’auteure», estime Rodica Rosu Fridez, présidente du club Business & Professional Women de Lausanne.

«il reste un effort à faire»

Quant au phénomène #metoo, il semble avoir eu un impact limité. Parmi les femmes issues de ménages aux revenus modestes, 5% estiment que la campagne ne s’est traduite par aucune évolution positive. Si ce chiffre monte à 21% pour les revenus moyens inférieurs et à 13% pour les revenus moyens supérieurs, «cela montre qu’il reste un effort à faire via d’autres leviers, comme l’application de la loi ou des changements dans les mentalités à travers l’éducation et la sensibilisation», conclut Rodica Rosu Fridez. 

Les résultats de ce sondage sont publiés sur les sites Bilan.ch et femmesleaders.ch, avec chaque jour une nouvelle question jusqu’au 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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