Bilan

30 ans de récompenses pour les champions de l'économie franco-suisse

Les entreprises impliquées dans les relations bilatérales en France et en Suisse contribuent à renforcer les liens entre les deux pays. Pour la 30e fois, la Chambre de commerce et d’industrie France Suisse vient de remettre ses trophées aux plus performantes d’entre elles ce vendredi 15 février à Montreux.

L'ensemble des lauréats de l'édition 2019 des Trophées du commerce franco-suisse de la CCIFS.

Crédits: DR

Dans huit catégories, les multinationales, PME, startups et autres entreprises de l’industrie, des services, de l’agroalimentaire ou de la construction voient leur stratégie et leurs résultats salués par les acteurs consulaires. Depuis 1988, la Chambre de commerce et d’industrie France Suisse (CCIFS) organise chaque année ses Trophées du commerce France-Suisse. En 29 éditions, 210 entreprises ont déjà été récompensées. «Événement économique de premier plan pour tous les opérateurs impliqués dans les relations bilatérales, les Trophées CCIFS du Commerce France Suisse récompensent des sociétés dont les performances illustrent le dynamisme des échanges franco-suisses», commente Alain Barbey, président de la CCIFS.

Pour Anne Paugam, ambassadrice de France en Suisse, «la vitalité des échanges entre les deux pays est très solide: 31 milliards pour les échanges de biens, et on dépasse les 55 milliards si on ajoute les services». Et de souligner l'appui extrêmement précieux de la CCIFS sur un certain nombre d’actions de promotion de la France en Suisse. L'ambassadrice a également adressé un message d’encouragement aux nombreux jeunes français qui viennent exercer une activité professionnelle en Suisse, et notamment ceux qui viennent dans cadre du Volontariat international en entreprise (VIE): «Il y a 125 contrats de ce type actuellement en Suisse, ce qui en fait le 15e pays d’accueil des VIE: un facteur de réussite professionnelle, 9 sur 10 étant embauchés au terme de leur VIE», insiste la diplomate.

Et l'une de ces volontaires, Landy Raoilison, au terme de plusieurs mois d'activités au sein d'Orange Business, a été mise à l'honneur en ouverture de ces Trophées du commerce. Une expérience extrêmement enrichissante et utile, comme l'a souligné la jeune femme.

Le palmarès de cette édition 2019, qui s'est tenue ce vendredi 15 février au Casino Barrière de Montreux, couronne cependant surtout des entreprises, aussi bien des géants que des initiatives bien plus modestes encore (pour le moment). C’est ainsi que deux acteurs d’envergure internationale, FNAC et Implenia, reçoivent respectivement les Prix Développement Français vers la Suisse et Développement Suisse vers la France. Pour la FNAC, Cédric Stassi, directeur général, s’est dit «fier de voir le développement constant de la FNAC en Suisse salué ainsi, quelques semaines après l'ouverture d'un nouveau magasin à Montreux et alors que deux nouveaux sites au moins allaient voir le jour en 2019, voire davantage en fonction des opportunités». Tandis qu'Olivier Böckli, directeur général d’Implenia France, s’est réjoui de cette récompense qui «couronne sept ans de contrats d'envergure décrochés par Implenia en France, avec 200 collaborateurs désormais, et des chantiers aussi cruciaux que la ligne LGV Lyon-Turin, plusieurs lignes de transport du Grand Paris ou encore le métro de Lyon».

Des carreaux de grès cérame aux drones

Dans la catégorie Tradition & Savoir-Faire, c’est l’entreprise du Nord de la France Winckelmans, spécialiste des carreaux grès cérame qui a été honorée : depuis plus d’un siècle, cette société perpétue un savoir-faire d’exception et ses produits sont exportés à travers le monde entier, et notamment en Suisse. Pour Barbara Winckelmans, sa directrice générale et héritière d'une lignée d'entrepreneurs, «cette récompense valide la stratégie vers l'international opérée par mon père voici une trentaine d'années, et, alors que le marché outre-Manche se contracte, le marché suisse reste quant à lui fidèle et dynamique»; et de citer «les quatre passages en Suisse de mon directeur commercial au cours du mois écoulé, qui témoignent de l'importance de ce marché».

A la fin du XIXe siècle, Winckelmans était à la pointe de l’innovation mondiale avec ses carreaux grès. En ce début du XXIe siècle, l’heure est aussi aux drones. Dans ce domaine, Flyability est l’un des acteurs les plus pertinents et disruptifs, avec des engins pilotés à distance capables de s’aventurer dans des endroits inaccessibles pour des interventions humaines. Pour Mathieu Noirot-Cosson, responsable marketing, «au-delà de la joie de remporter le trophée, il y a la satisfaction de rencontrer dans ce genre d'événement de nombreuses sociétés avec lesquelles nous travaillons déjà actuellement et de voir l'intérêt suscité chez d'autres pour qui nous pourrions très vite être amenés à intervenir».

Les enjeux liés à une croissance durable

Autre enjeu majeur, a fortiori avec les tendances des derniers mois qui traversent les sociétés, notamment occidentales : un développement économique plus en phase avec les enjeux de durabilité et de respect de la planète et du vivant. Un trophée est spécialement dédié y est consacré avec le Prix développement durable, attribué cette année aux Services industriels de Genève (SIG), pour leurs nombreuses actions engagées en faveur de la préservation de la planète et de la prise en compte de l’humain. Au nom des SIG, Gilles Garazi, directeur Transition Energétique, s’est réjoui de cette récompense en pointant l'ambition du projet Genilac «qui fournit déjà l'énergie nécessaire pour chauffer et tempérer de nombreux bâtiments du quartier des Nations et devrait être étendu prochainement au centre-ville, puis à l'aéroport», mais aussi en soulignant «les efforts prévus pour tripler la production d'électricité solaire, tout en diversifiant le mix énergétique, avec la géothermie et l'hydroélectricité».

Mais même dans le Prix Innovation, l’heure est aux enjeux environnementaux. C’est ainsi que Sea Cleaners, porté par le navigateur franco-suisse Yvan Bourgnon, est salué cette année. Avec un navire spécialement étudié pour récolter les plastiques des océans, il compte sillonner les mers du monde pour contribuer à débarrasser les eaux des détritus qui encombrent les milieux naturels et perturbent les écosystèmes aquatiques.

A bord du Sea-Cleaner Boat Le Manta, ce navire révolutionaire qui permettra de collecter et traiter les déchets océaniques flottants, avant qu’ils ne se fragmentent et se retrouvent dans la chaîne alimentaire. «Plus de 8 millions de tonnes de déchets de plastique se retrouvent tous les ans dans les océans du globe, dont 80% d’entre eux flottent. A long terme, nous prévoyons 300 bateaux dans le monde entier, chacun étant capable de récolter 8 à 10'000 tonnes de déchets par an. Pour accélérer le processus au niveau mondial, nous partagerons notre technologie avec ceux qui souhaiteront en bénéficier». Si c'est objectif était atteint, «nous pourrions éliminer 30% des déchets plastiques générés par les humains», avec ces vaisseaux autonomes en énergie grâce à la combinaison de voiles, de systèmes éoliens et de l'électrolyse transformant les déchets plastiques non valorisables en carburant.

Cette tendance vers une économie plus durable et inclusive, l’acteur Vincent Perez, invité d’honneur de cette édition des Trophées du commerce de la CCIFS, venu présenter la deuxième éditions des Rencontres du 7e Art de Lausanne, la salue également: «Je prépare actuellement un prochain film qui se passe en mer et les questions de pollution des océans me touchent tout particulièrement, alors je ne peux que saluer la belle initiative d'Yvan Bourgnon et de ses équipes».

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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