Bilan

2000 médecins de famille manqueront en Suisse d'ici 2020

La relève des médecins famille n'est pas assurée. Pour pallier cette pénurie, les compétences des assistants et infirmiers devraient notamment être renforcées.

Le Conseil fédéral est prêt à investir 100 millions de francs dans la création de 200 à 250 places d'étude supplémentaires en médecine.

Crédits: Keystone

La relève des médecins famille n'est pas assurée. La Suisse manquera de 2000 de ces généralistes d'ici quatre ans et de plus du double à l'horizon 2025. Pour pallier cette pénurie, les compétences des assistants et infirmiers devraient notamment être renforcées.

"Dans les dix prochaines années, plus de 60% des médecins de famille exerçant aujourd'hui cesseront leur activité", a mis en garde l'association Médecins de famille et de l'enfance (mfe) jeudi dans un communiqué. Celle-ci se base sur une étude universitaire de médecine de premiers recours des deux Bâles.

Environ la moitié des médecins de famille veulent ou doivent poursuivre leur activité jusqu'à l'âge de 70 ans en moyenne. Résultat, les généralistes "forment un collectif trop âgé dont la relève n'est pas assurée".

Il manque déjà plus de 2000 médecins de famille à plein temps pour atteindre la couverture médicale recommandée d'un médecin de famille pour 1000 habitants. Pour combler cette lacune, plus de 4000 nouveaux médecins de famille à plein temps seront nécessaires d'ici dix ans. A long terme, la Suisse doit former nettement plus de médecins, selon le président de l'association Marc Müller, cité dans le communiqué.

Un avis également partagé par la Fédération des médecins suisses, qui l'a rappelé la semaine dernière. La FMH juge impératif d'augmenter le nombre de places d'études.

Si, aujourd'hui, la prise en charge médicale de la population peut être garantie grâce au personnel étranger, il faut tenir compte de l'évolution démographique, des progrès médico-techniques et de l'augmentation du nombre de maladies chroniques pour garantir à long terme le fonctionnement du système de santé, estime-t-elle.

Le Conseil fédéral est prêt à investir 100 millions de francs dans la création de 200 à 250 places d'étude supplémentaires en médecine. Un geste salué dans le milieu.

A condition toutefois que ce fonds soit utilisé principalement pour la formation de médecins de premier recours, et non pour la recherche clinique et les techniques médicales, souligne François Héritier, vice-président de la mfe. "Au lieu de produire sans cesse de nouveaux spécialistes, nous devrions créer pour de jeunes médecins motivés les conditions rendant un avenir dans la médecine de premier recours attractif".

Il faudrait également donner davantage de compétences aux assistants médicaux ainsi qu'aux infirmiers, et encourager de manière ciblée de nouvelles formes efficaces de collaboration en soins de base ambulatoires, propose mfe.

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