Bilan

125 ans de collaboration franco-suisse

La Chambre de commerce et d’industrie France Suisse célèbre ses 125 ans cette année. Alors qu’un gala va réunir le 20 juin des centaines d’acteurs de la vie économique des deux pays, retour sur un siècle et un quart de montée en puissance des activités reliant les partenaires, avec l’interview croisée d’Alain Barbey et Romain Duriez, respectivement président et directeur de la CCI France Suisse.

Alain Barbey, président de la Chambre de commerce et d’industrie France Suisse.

Crédits: DR

Née en 1894, la Chambre de commerce et d’industrie France Suisse (CCIFS) est la plus ancienne des chambres de commerce binationales en Suisse. Loin d’être symbolique, cette ancienneté confère à l’institution aujourd’hui présidée par Alain Barbey et dirigée par Romain Duriez une légitimité mais aussi des responsabilités pour amener toujours de nouveaux services aux membres.

Bilan: Pour ses 125 ans, comment se porte la CCIFS?

Alain Barbey: Nous comptons aujourd’hui plus de 680 entreprises membres, nous avons doublé le nombre de membres au cours des dix dernières années. Actuellement, 25% d’entre eux sont basés en Suisse alémanique, 60% en Suisse romande et 15% sur sol français, principalement dans des régions limitrophes. Un des éléments pour expliquer cette hausse des membres réside dans le dynamisme des échanges entre les deux pays : nous sommes dans une période constructive et en plein essor , ce qui favorise les implantations et les partenariats. Mais nous pensons avoir y aussi un mérite : les activités de la Chambre, avec des propositions correspondant aux centres d’intérêts des adhérents ont été développées. La vitalité de notre Chambre tout comme la qualité des prestations, qu’elle délivre est appréciée. Nous comptons d’ailleurs beaucoup sur le bouche-à-oreille pour élargir le cercle: un membre satisfait sera notre meilleur ambassadeur auprès d’autres dirigeants.

Romain Duriez, directeur de la CCIFS. (DR)
Romain Duriez, directeur de la CCIFS. (DR)

Romain Duriez: Nous constatons également un meilleur taux de pénétration: le nombre de membres a progressé plus vite que la hausse des activités franco-suisses. Nous nous sommes concentrés véritablement sur l’ADN de la Chambre ces dernières années, que ce soit dans les activités club et éditoriales plutôt orientées vers la communauté d’affaires ici en Suisse tout comme dans les activités de services, qui nous permettent de rendre lisible, facile et rapide l’accès aux deux marchés pour les entreprises que nous accompagnons de manière très opérationnelle, ainsi nous rendons chaque année entre 1200 et 1400 prestations de services à haute valeur ajoutée pour accompagner les dirigeants dans leur implantation et leur développement en France et en Suisse.

Bilan: Pour terminer sur les membres, y a-t-il une évolution géographique?

Yvan Bourgnon et Monique Vialatou lors des 30e Trophées CCIFS. (DR)
Yvan Bourgnon et Monique Vialatou lors des 30e Trophées CCIFS. (DR)

RD: Le conseil d’administration a mis en place voici quatre ans une commission stratégie pour une meilleure pénétration de la CCIFS en Suisse alémanique. Nous avons réalisé un double travail pour détecter les secteurs porteurs dans lesquels l’offre française était sous-représentée, puis repérer les grosses PME et ETI (établissements de taille intermédiaire) français non présents en Suisse alémanique. Nous venons de lancer une phase de sondage auprès de ces 450 entreprises qui ne sont pas encore présente en Suisse alémanique, afin de comprendre ce qui concrètement les freine. Nous décelons un gros potentiel de croissance sur la Suisse alémanique. C’est pour cela que nous avons ouvert un bureau à Bâle en août 2016. Nous pensions à l’origine pouvoir traiter les sujets transfrontaliers depuis Zurich. Mais en étant à Bâle, nous voyons bien qu’on peut adresser de manière plus efficace les entreprises présentes dans les régions Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté.

AB: Les barrières psychologiques et linguistiques ont la vie dure même s’il est vrai que ce n’est pas la même approche dans les deux parties du pays. Cela peut expliquer certaines frilosités pour s’implanter outre-Sarine. Il y a aussi eu quelques échecs marquants. Mais nous organisons des séances d’information pour expliquer ce qu’il faut faire ou ne pas faire du côté alémanique, avec des entreprises qui ont réussi. Pour les échecs passés, il faut les analyser afin d’éviter de les répéter.

Dans la région de Bâle, la proximité de la frontière facilite la compréhension et l’implantation. C’est aussi pour cela que nous avons choisi d’implanter notre bureau au sein de la Chambre de Commerce des deux Bâle (HKBB) afin de toucher au mieux les entreprises.

Bilan: Le maillage géographique est-il désormais optimal?

AB: Depuis Genève, Bâle et Zurich, nous pouvons couvrir la plus grande partie des demandes. Ce qui ne nous empêche pas d’aller dans d’autres cantons. Cela nous donne une certaine légitimité pour parler de notre présence en Suisse globalement. Et nous maintenons des contacts quasi-quotidien avec l’Ambassade de France et les consulats à Genève et Zurich, qui nous donnent la température des échanges sur un autre niveau. Les Britanniques et Américains sont surtout localisés à Genève et Zurich, en faisant abstraction des ambassades, le gros de la communauté anglophone est surtout implanté sur l’arc lémanique. Nous avons pour notre part cette ambition de toucher l’ensemble de la Suisse, même si nous sommes logiquement moins présents aux Grisons et au Tessin.

Bilan: Quelles sont les préoccupations majeures actuelles de vos membres?

AB: C’est l’accord institutionnel entre l’Union européenne et la Suisse qui donne le «la», avec le Brexit qui pollue le débat. Les gilets jaunes perturbent moins, car c’est certes fort au niveau de l’image mais cela semble avoir moins d’impact direct sur les décisions d’investissement, preuve en est les 72 nouvelles implantations suisses enregistrées en France pour l’année 2018.

RD: Ce qui inquiète nombre de dirigeants, c’est l’accès à la réserve de main-d’œuvre côté européen. Il n’y a pas assez de personnels compétents dans certains secteurs en Suisse. Avec les bilatérales, les entreprises ont eu la capacité à les attirer facilement, cela a de fait accompagné harmonieusement la croissance économique soutenue ici en Suisse ces dernières années. Si l’on revenait à l’ancien système avec des contingents, cela pourrait porter préjudice à l’économie alors même qu’on veut conserver des conditions-cadres attractives. On a parfois du mal à concilier les contraintes de politique intérieure avec celles de la politique étrangère. Car il y a une difficulté supplémentaire : la Suisse demeure un îlot de cherté. Et cela maintient donc une pression sur les salaires qui pourraient repartir à la hausse, si l’accès à la main d’œuvre européenne était à nouveau limité. Les entreprises n’aiment pas l’inconnu. Et l’atout de la Suisse réside justement depuis des décennies en la stabilité politique, légale et fiscale avec des infrastructures qui fonctionnent bien.

AB: Il y a 25 ans, nous avons traversé une période compliquée suite au rejet du projet suisse de rejoindre l’Espace Economique Européen. Puis il y a eu des incertitudes liées aux choix que le pays faisait pour ses relations extérieures. En France, l’alternance politique pouvait inquiéter mais aujourd’hui plus que jamais, les entreprises ont besoin d’une stabilité. On tend de plus en plus vers une harmonisation. On parle de gommer les frontières : avec le Léman Express, on va atténuer celles entre nos deux pays. Il restera des différences et des sensibilités, mais les ponts seront plus pratiques.

Bilan: Vous évoquez le Léman Express, un projet d’infrastructure majeur entre les deux pays…

Le Léman Express, projet majeur entre France et Suisse. (Keystone)
Le Léman Express, projet majeur entre France et Suisse. (Keystone)

AB: Tous les grands projets de transport sont orientés vers une facilitation des échanges transfrontaliers ou binationaux : le Léman Express va faciliter la vie des frontaliers et aussi des entreprises suisses. L’objectif est non seulement de gommer l’effet frontière mais aussi d’améliorer la vie au centre de Genève en y réduisant de 12% le trafic routier. D’autres liaisons sont au centre des attentions des autorités responsables : Delle-Belfort ou Morteau-Le Locle servent principalement aux frontaliers et pendulaires. Ces derniers mois, nous avons beaucoup entendu parler des modifications de liaisons TGV entre les deux pays mais la aussi il existe une volonté d’améliorer la qualité des relations entre les deux pays avec plus de fréquence et de capacité, du matériel moderne et une palette de services et de prix pour chacun.. Lyria et Lémanis sont aussi membres de la CCIFS. De notre point de vue, tout ce qui peut faciliter les échanges doit être encouragé et lorsqu’on étudie les archives de la CCI France Suisse on s’aperçoit que les grands projets d’infrastructures de transport de passagers ou de marchandises ont été un point d’action important de nos prédécesseurs. Actuellement, Neuchâtel a aussi un train avec Frasne pour rallier le départ du TGV. Il était indispensable de maintenir ce train. Il le faut pour le quotidien des employés, pour les cadres qui l’empruntent régulièrement et pour les clients plus occasionnels.

Bilan: Au-delà du travail de lobbying sur des projets structurants pour les deux pays, quelles sont vos autres activités majeures?

AB: Nous déployons une intense activité d’information et de communication pour mieux faire connaître les atouts et les potentiels des deux pays pour les entreprises qui souhaitent développer leurs activités. D’une manière générale, notre action porte sur deux grands axes, soit d’une part l’animation de la communauté d’affaires franco-suisse constituée principalement par nos membres soit près de 700 entreprises pour un peu plus de 3'000 contacts d’affaires et d’autre part les services que nous apportons à toute entreprise qui souhaite se développer ou s’implanter en Suisse ou en France, pour cela et pour ne citer que la Suisse, nous travaillons en étroite collaboration avec tous les acteurs constituant l’écosystème, promotion économique, chambres de commerces cantonales, Ambassade, Consulats et bien sûr Business France Suisse et la section suisse des conseillers du commerce extérieur.

Charles Rozoy lors de la Rencontre d’affaires Sports, loisirs et bien-être. (DR)
Charles Rozoy lors de la Rencontre d’affaires Sports, loisirs et bien-être. (DR)

RD: Côté français et pour ne prendre qu’un exemple nous travaillons régulièrement avec le Swiss Business Hub à Paris, nous avons mené un road-show sur l’implantation en suisse, en 2019 nous avons informé et renseigné plus de 170 entreprises lors de quatre opérations à Marseille, Lyon, Strasbourg et Paris. Nous passons une journée avec le matin une présentation sur la Suisse et son environnement, et l’après-midi des entretiens individuels entre dirigeants d’entreprises et experts du marché. C’est un format très concret et ça permet d’amener chaque année des entreprises françaises supplémentaires, en concrétisant leur projet d’implantation en Suisse. Quand nous avons des délégations françaises en Suisse, nous organisons des visites pour leur montrer ce qui se fait de mieux dans le pays. Et presque à chaque fois nous prévoyons un arrêt dans les écoles polytechniques fédérales et les hautes écoles spécialisées, afin de montrer des laboratoires, mais nous présentons également des entreprises à la pointe de l’innovation comme Givaudan, Bestmile, Google ou encore ABB. Notre objectif est de faire découvrir aux visiteurs des innovations et un panel le plus complet possible.

Bilan: Sur quels thèmes portent les questions des interlocuteurs français pour la Suisse? Est-ce que la fiscalité est un point central ?

AB: Nous proposons à nos membres qui le souhaitent un accompagnement sur la fiscalité. Nous avons la chance d’avoir des membres qui s’investissent pour prodiguer des formations sur l’environnement fiscal en Suisse. C’est un des sujets dans lesquels on est actifs, mais pas que

RD: En effet en Suisse, la fiscalité est essentiellement cantonale et cela peut parfois surprendre certains dirigeants d’entreprises françaises. Il y a eu, ces dernières années, une forme de flottement avec les dossiers RIE3 et RFFA. Il n’est pas habituel pour la Suisse d’avoir cette incertitude. Cependant, incertitude ne signifie pas inquiétude: le niveau global de la fiscalité va arriver au niveau de celui de l’Irlande, sans que la Suisse ne s’apparente à un paradis fiscal. Ce qui surprend parfois aussi les dirigeants français, c’est l’avantage de la charge administrative : on peut facilement appeler son taxateur et dialoguer. Toutefois, il faut faire un gros travail pédagogique: quand on dit qu’il y a autour de 15% de charges à un patron, il ne comprend pas toujours. Il faut expliquer les deux systèmes: certes les taux sont différents mais les systèmes aussi et il faut être complet pour éviter les raccourcis. Le salaire de l’employé en Suisse est supérieur à celui qu’il est en France, mais le taux de travail est aussi plus élevé et les charges restant aux salariés sont globalement plus importantes.

AB: Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la fiscalité n’est de loin pas le point principal des questions venant de France. Les entreprises cherchent avant tout de la stabilité économique, politique et sociale, de la main-d’oeuvre formée, et une liberté pour faire des affaires. La Confédération et les cantons sont là pour créer un cadre favorable. Dans le même ordre d’idées, ce qui fait parfois peur aux entreprises suisses désireuses de s’implanter en France, c’est les grèves. Mais dans le secteur privé, il y a en réalité très peu de grèves. La France attire de nombreux projets d’investissements : plus de 70 dossiers finalisés de Suisse à destination de la France en 2018 et cela représente de nombreux postes de travail. La France reste également une porte d’accès privilégiée au marché européen pour des entreprises helvétiques. Et celles qui ont sauté le pas sont ravies. L’un des retours qui nous arrive le plus souvent réside dans la qualité de formation très élevée en France. C’est souligné par toutes les entreprises suisses qui s’y implantent.


Bilan: Quels sont les défis qui se présentent à la CCIFS en cette année de 125e anniversaire?

AB: Nous ne devons jamais oublier que nous dépendons des besoins des entreprises. Tant qu’on y répond, on pourra continuer à croître. La CCIFS doit se concentrer sur les forces qui peu à peu sont devenues son ADN. On parlait moins d’innovation voici quelques années temps et désormais c’est crucial pour nous aussi. Il faut continuer d’apporter une aide de qualité. Et se mettre à jour, se remettre en question. Et enfin renouveler l’offre de manifestations. La CCIFS ne vit pas comme un club-services ou une association locale, sinon nous sommes condamnés à disparaître. Il faut constamment être en recherche de dynamique. Il faut relever le défi du numérique, trouver des interlocuteurs au même niveau de pensée. Et donc logiquement aussi renouveler l’équipe avec des jeunes collaborateurs, familiers de ces innovations. Attention cependant à ne pas uniformiser nos équipes: il faut cultiver les différentes sensibilités au sein de la direction mais aussi du conseil d’administration. Ce dernier compte 25 personnes et nous veillons à maintenir cette diversité et cet engagement bénévole. On sent chez ces dirigeants une envie voire un besoin de redonner à la CCIFS et aux entreprises un peu de ce qu’ils ont reçu au fil des années. Ils sont prêts à participer et il faut capitaliser sur ces bonnes volontés et ces initiatives pour appuyer la direction. Mais aussi valoriser le travail fait par cette dernière. C’est un défi pour chacun des membres. Il faut aussi se renseigner pour mieux connaître les raisons des départs quand on en a, afin de mieux fidéliser nos membres.

Vincent Perez lors des 30e Trophées CCIFS. (DR)
Vincent Perez lors des 30e Trophées CCIFS. (DR)

RD: L’animation d’une telle structure, c’est une remise en question permanente. En tant qu’association à but non lucratif d’utilité publique et autofinancée à 100%, on s’interroge chaque jour sur ce que nos stakeholders attendent de nous. Les activités que nous déployons, doivent bien sûr entrer dans notre ADN franco-suisse, que ce soit en terme d’animation de la communauté d’affaires, avec l’organisation d’une cinquantaine de manifestations chaque année et l’édition d’une vingtaine de supports, mais aussi dans le cadre des prestations qui sont rendues aux entreprises françaises et suisses que nous accompagnons sur le 2 marché et à ce titre plus de 1'300 prestations opérationnelles sont rendues annuellement par les équipes de la Chambre. Nous avons par exemple mis en place un pôle d’activités e-commerce, notamment pour des entreprises françaises voulant déployer la vente online ici en Suisse ; mais aussi un nouveau pôle dédié à la franchise pour accompagner des enseignes françaises ici en Suisse (localisation, master franchisé, montage d’un réseau de franchisés,…). On est véritablement ici dans notre rôle à 100% pour faciliter l’entrée sur le marché. On ne veut pas vendre la Suisse à tout prix mais y montrer les opportunités, tout comme nous le faisons pour le marché français.

Enfin, sur un plan interne, nous avons lancé la numérisation de l’ensemble des archives de la CCIFS à l’occasion des 125 ans, c’est un travail dense mais passionnant que nous réalisons avec la société Arkhenum depuis 3 mois et qui se finalise pour notre anniversaire.

Bilan: Le 20 juin, vous organisez une soirée de gala pour les 125 ans de la CCIFS. Quel est l’objectif d’un tel événement ?

RD: Pour ce Gala des 125 ans, la CCIFS investit beaucoup de temps, d’énergie et de moyens. Nous nous sommes associés à cinq partenaires (Givaudan, Losinger Marazzi, Renault, Credit Agricole Indosuez et Lemanis), qui nous ont prouvé leur fidélité depuis de nombreuses années. Notre objectif est de réunir plus de 400 personnes, non pour faire une démonstration de force, mais marquer le coup en présentant le panel de nos activités à l’ensemble des membres, partenaires, interlocuteurs. Certaines ne sont pas forcément connues de tout le monde et ça permet un coup de projecteur apprécié.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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