Bilan

Le secret du bonheur au travail? S’adapter aux couleurs de son patron!

Si l’une de vos connaissances s’avère toxique, vous avez la possibilité de couper les ponts. Il n’en va pas toujours de même avec votre patron. Le communicant Thomas Erikson a découvert une méthode de classification des comportements en quatre profils – les Rouges dominants et ambitieux, les Jaunes spontanés et optimistes, les Verts patients et amicaux, les Bleus méthodiques et précis - et vous apprend à interagir avec chaque type.

Crédits: Mario Gogne/Unsplash

De quelle couleur est votre chef? C’est la question posée par Thomas Erikson dans son nouveau livre intitulé Mon chef est un boulet (éd. Alisio). Cet expert en communication y explique qu’il existe quatre comportements de base: rouge, jaune, vert, bleu. Ces différentes couleurs affectent spécifiquement chaque individu, dans son travail et dans son leadership.

Guide des couleurs
Amanda Castillo

Ainsi, le patron Rouge est extraverti et orienté vers la tâche. Il se frotte aux problèmes et aux défis les plus ardus. Il aime avancer vite et vise toujours la qualité. Très direct et de nature explosive, il exerce un contrôle permanent sur ses équipes et peut s’énerver en un quart de tour.

Le patron Jaune est lui aussi extraverti, mais davantage orienté vers la relation. Déterminé à convaincre ses collaborateurs d’adhérer à sa vision du monde, il ne lâche pas l’affaire tant qu’il n’y est pas parvenu. Optimiste, il voit toujours le verre à moitié plein et a parfois du mal à analyser les mauvaises nouvelles de façon clairvoyante. Il préfère en effet enfouir la tête dans le sable et nier la réalité car il veut se sentir bien en permanence. Capable de déléguer, il fait confiance aux autres et son énergie et enthousiasme sont communicatifs.

Le patron Vert est quant à lui orienté vers la relation mais introverti. Méfiant à l’égard du changement qu’il trouve suspect («tu sais ce que tu perds, tu ne sais pas ce que tu gagnes» et «c’était mieux avant» sont ses phrases fétiches), il balaie toutes les idées neuves. «Ce patron a tendance à cacher ses sentiments, précise Thomas Erikson. Ses subordonnés ne savent donc pas ce qu’il pense. Le Vert ne veut ennuyer personne avec ses tracas. Il les garde pour lui et ravale toutes ses émotions.»

Il met aussi beaucoup de temps à se mettre en colère. «Trop de temps, peut-être.» Autrement dit, il fuit le conflit et est bien trop tolérant à l’égard des employés qui ne sont pas performants, ce qui exaspère grandement ceux qui le sont. Pour lui, il est indispensable que chacun trouve sa place au sein du groupe. Vrai soutien pour ses salariés, il préfère résoudre les problèmes par le biais d’un consensus général.

Enfin, le chef Bleu est introverti et orienté vers la tâche. Analytique, méticuleux et consciencieux, il adore les lois et les règlements. «Plus un individu est Bleu, plus il suivra le règlement à la lettre de peur qu’on ne le juge incompétent.» Le Bleu contrôle à la perfection ses expressions faciales et son langage corporel. Il est donc impossible de savoir ce qu’il ressent face à une tâche compliquée. Sans surprise, ses collaborateurs lui prêtent souvent une absence totale de sentiments, ce qui est bien entendu faux.

A chaque couleur ses forces et ses faiblesses

Chaque couleur possède ses forces et ses faiblesses. Adepte du micro-management, les consignes du patron Rouge, par exemple, sont toujours limpides. Cette clarté est agréable mais peut aussi réduire à néant la créativité de ses subalternes. «Le Rouge se retrouve d’ailleurs souvent à diriger une équipe très uniforme, car chacun s’est adapté à sa personnalité et reste sur la défensive, note encore Thomas Erikson. La dynamique du groupe peut souffrir de ce chef trop dominant, et la motivation du staff piquer du nez s’il est guidé d’une main trop ferme.»

Quant au charismatique jaune, sa bonne humeur et son exaltation ne sont pas toujours la panacée. Outre le fait qu’il peut s’énerver contre celui qui sabote la bonne ambiance, il tourne comme une girouette, changeant sans cesse d’avis, et noie ses collaborateurs sous sa logorrhée verbale. «Ce leadership extrêmement ouvert vise à réaliser de grands projets. Les idées fusent les unes après les autres, vous n’arrivez plus à suivre et vous finissez par lâcher l’affaire. Pourquoi adopter une nouvelle stratégie ou développer un nouveau concept quand tout sera remis en question dans trois semaines?»

Le Vert, de son côté, coopère avec tout le monde mais s’éparpille lorsqu’il délègue. De même, il n’est pas toujours à l’aise lorsqu’il donne des ordres, s’exprime parfois confusément, sans aller droit au but, et espère secrètement que ses collaborateurs sauront comprendre ce qu’il attend d’eux. Très orienté vers la relation, il privilégie le registre personnel sur le lieu de travail plutôt que de veiller à ce que celui-ci soit effectivement fait.

La qualité première du Bleu, enfin, est d’accorder une grande valeur aux compétences professionnelles. Le revers de la médaille, c’est qu’il en faut beaucoup pour l’impressionner!

«En vous familiarisant avec ce système, vous pourrez ajuster votre façon de parler à votre interlocuteur, communiquer efficacement avec votre patron et mettre en place des habitudes pour vous sentir mieux dans vos relations professionnelles», assure Thomas Erikson. Attention cependant: seuls 5% de la population présentent un comportement dominé par une seule couleur. Le plus souvent, deux couleurs dominent notre comportement, ce qui contribue à nuancer le caractère.

Elon Musk, par exemple, est connu pour être lunatique (caractéristique du Jaune), mais aussi colérique (Rouge), avec des sautes d’humeur et des moments où il ne faut pas venir lui parler de problèmes. Steve Jobs était tout à la fois agressif, impulsif et direct (Rouge) mais aussi inspirant (Jaune). Véritable visionnaire, il a réussi grâce à sa puissance à imposer ses intuitions et ses idées à son entourage. Le patron d’Amazon Jeff Bezos est connu pour ses éclats de rire tonitruants (Jaune) mais n’est pas tendre pour autant à l’égard de ses équipes (Rouge). Dans les couloirs, les employés entendraient régulièrement «Êtes-vous paresseux ou juste incompétent?» ou encore «Aurais-je oublié de prendre mes médicaments anti-stupidité aujourd’hui?». Sa mauvaise humeur passerait cependant aussi vite qu’elle est venue.

Sans surprise, lorsque le patron est une patronne, ses couleurs dominantes tirent davantage vers le Bleu et le Jaune. Personnalité solaire, Marissa Mayer est dans la maîtrise à 100% (Bleu). Ce perfectionnisme s’explique aisément lorsque l’on sait que les femmes souffrent davantage que les hommes du syndrome de l’imposteur, c'est-à-dire une tendance à se sous-estimer, à se critiquer, et à se découvrir toutes sortes d’imperfections.

Apprendre à marier les couleurs

«En fonction de vos couleurs, vous serez plus ou moins affecté par le caractère de votre chef», poursuit Thomas Erikson. Autrement dit, certaines combinaisons sont harmonieuses, d’autres catastrophiques. Quelles sont les couleurs qui se marient entre elles? «Si vous êtes Rouge, vous serez relativement insensible au style dominateur du patron Rouge. Le ton pourra monter au cours de vos discussions, mais vous vous mettrez d’accord assez rapidement et les fâcheries ne dureront jamais longtemps. Si vous êtes Vert, vous apprécierez le calme plat régnant autour de votre responsable Vert, et ainsi de suite.» En somme, qui se ressemble se comprend. Reste que la plupart des bureaux sont rarement monochromes. Aussi est-il important d’apprendre à s’adapter aux différentes couleurs.

Avec un Rouge, parlez moins et agissez plus

Comment s’adapter à son chef Rouge? «Si vous êtes Jaune ou Bleu, vous travaillerez étonnement bien avec un Rouge», observe Thomas Erikson. Les Rouges aiment la vitalité physique des Jaunes, et ces derniers apprécient la capacité des Rouges à prendre des décisions. «En tant que Jaune, vous pouvez tourner en rond des heures avant de prendre une décision, avec un patron Rouge, vous allez de l’avant. Vous savez l’adoucir, et en retour, il vous pousse à vous concentrer plus sur les résultats.» La seule adaptation requise est de réfréner sa logorrhée pour être davantage dans l’action. Quant au Bleu, le Rouge apprécie sa rigueur et son professionnalisme.

Si vous êtes Vert en revanche, le Rouge va vous donner du fil à retordre. Orienté vers le relationnel, le Vert a en effet du mal avec l’obsession de la tâche du Rouge. Il doit aussi apprendre à être clair et à aller droit au but. Si le patron Rouge n’a pas pour habitude d’accabler ses employés délibérément, il n’hésitera cependant pas à «casser» celui dont la pensée est brouillon.

Prêtez une oreille attentive au Jaune

Si votre patron est Jaune et que vous êtes Rouge, le duo devrait fonctionner. Le Rouge apprécie en effet le rythme soutenu et le fait que les projets se concrétisent. Seul bémol: il doit accepter que son chef soit plus bavard que lui. «Prêtez lui une oreille attentive. C’est d’ailleurs ce qu’il attend de vous.»

Si vous êtes Vert, vous risquez d’être trop passif et, dans le pire des cas, votre patron ne remarquera même pas que vous avez à peine ouvert la bouche. Manifestez votre présence et acceptez que votre supérieur ait tendance à parler de lui, et ce même si la conversation porte sur vous.

Quid du Bleu? Ce dernier aime les faits et les détails, chose que le Jaune fuit comme la peste puisqu’il marche avant tout aux sentiments. A priori, l’association entre ces deux couleurs n’est pas idéale. A moins que le Bleu mette de l’eau dans son vin, c'est-à-dire qu’il s’autorise un peu de spontanéité. «Inutile d’arborer un sourire jusqu’aux oreilles toute la journée, mais essayez de vous détendre un peu», invite Thomas Erikson.

Avec le Vert, soyez positif

Le chef Vert aime son collaborateur Rouge qui va de l’avant, parle vite uniquement sur des sujets pertinents, et n’hésite pas à recourir à des mots forts (tout le contraire de son supérieur). Le Rouge devra cependant apprendre à calmer parfois le jeu et se rappeler qu’il ne peut pas prendre les choses en main simplement parce que tout avance trop lentement à son goût.

Le Jaune s’entend également bien avec le Vert, mais il doit veiller à ne pas monopoliser la conversation. «Essayez aussi d’éviter de dire du mal de certaines personnes, à moins d’une sérieuse entrave aux règlements. Le chef Vert n’apprécie pas les propos susceptibles de susciter des frictions au sein du groupe. Il ne veut pas avoir à gérer ça. Alors adoptez une attitude positive!»

Passons maintenant au Bleu. Celui-ci s’entend plutôt bien avec son chef Vert. Seul point de mésentente: là où le Vert est attentionné et un peu trop personnel, le Bleu tient absolument à garder sa relation sur un plan strictement professionnel. Il n’y a pas de mal à cela, mais si le Bleu décourage toutes ses tentatives de discussion sur ses goûts et hobbies, le Vert risque de sentir un peu rejeté. Il est donc conseillé au Bleu de se détendre un peu et d’être plus ouvert. La qualité de ses relations n’en sera que meilleure.

Avec le Bleu, chi va piano va sano

Parce qu’ils ont de nombreux points communs, Rouge et Bleu s’entendent à merveille. Ce qui sépare principalement ces deux tempéraments, c’est le rythme. Ainsi, lorsque le Rouge accélère en plein virage, son chef freine à l’entrée de la courbe. S’il souhaite ne pas être perçu comme une tête brûlée, le Rouge a tout intérêt à relâcher la pression sur l’accélérateur. Le Bleu aime par ailleurs la franchise du Rouge…tant que celui-ci ne critique pas ses actions.

S’agissant du Jaune et du Bleu, leurs personnalités sont aux antipodes l’une de l’autre. Un conseil à l’attention des Jaunes: essayez de pencher un peu dans la direction Bleue. «Avez-vous vraiment besoin de parler autant de vous? De raconter cette anecdote des dernières vacances? De revenir sur cette récente hospitalisation devant la machine à café?, interroge Thomas Erikson. Vous avez tout à gagner à être un peu plus rigoureux.»

Le Bleu et le Vert, enfin, partagent le même besoin de sérénité et de calme. Le Vert apprécie par ailleurs que le Bleu n’interfère pas beaucoup dans son travail, tant qu’il fournit les résultats attendus. Une seule ombre au tableau: ce chef peut être critique lorsqu’il découvre quelque chose qu’il n’aime pas. Dans ce cas, il dénigre sans relâche. L’important, est de ne pas le prendre pour une attaque personnelle. Si vous recevez un feed-back négatif mérité, ne cherchez pas à vous défausser. Le Bleu n’a que faire de réponses évasives, il veut que le job soit fait correctement. «Votre supérieur ne réclame pas votre tête, il veut simplement que vous soyez à l’avenir plus attentif aux détails», rappelle Thomas Erikson. Et de conclure: «Ce n’est pas si terrible, non?»

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Amanda Castillo

Journaliste

Lui écrire

Amanda Castillo est une journaliste indépendante qui écrit pour la presse spécialisée. Diplômée de l'université de Genève en droit et en sciences de la communication et des médias, ses sujets de prédilection sont le management et le leadership. Elle est l'auteure d'un livre, 57 méditations pour réenchanter le monde du travail (éd. Slatkine), qui questionne la position centrale du travail dans nos vies, le mythe du plein emploi, le salariat, et le top-down management.

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