Bilan

La Bourse suisse progresse après une décision de Berne pour protéger sa place

Alors que les discussions entre la Suisse et l'Union européenne sur les règles régissant l'ensemble de leurs relations piétinent depuis plus d'un an, la Bourse suisse s'est retrouvée au coeur d'un bras de fer autour de la reconnaissance de l'équivalence de leur réglementation boursière.

La Bourse suisse compte de nombreuses grandes capitalisations, présentes dans les portefeuilles de gérants de fonds européens ou de fonds de pension.

Crédits: Keystone

La Bourse suisse progressait lundi, dans le sillage des autres places européennes, après l'entrée en vigueur d'une mesure de protection imposée par Berne pour protéger sa place financière, dans le cadre d'un bras de fer avec Bruxelles. 

Vers 12H00 GMT, le SMI, l'indice de référence de la Bourse suisse, grimpait de 0,87% à 9.984,43 points, dans un mouvement comparable aux autres places européennes, qui rebondissaient après la détente des relations commerciales sino-américaines lors du G20.

Par comparaison, l'Euro Stoxx 50 gagnait 0,85%, le CAC 40 0,83% tandis que le Dax s'appréciait de 1,33% sur le marché allemand. 

Face à Bruxelles

La Bourse suisse entame lundi sa première séance sous l'effet d'une mesure déclenchée la semaine dernière par le ministère des Finances en réplique à Bruxelles. 

Alors que les discussions entre la Suisse et l'Union européenne sur les règles régissant l'ensemble de leurs relations piétinent depuis plus d'un an, la Bourse suisse s'est retrouvée au coeur d'un bras de fer autour de la reconnaissance de l'équivalence de leur réglementation boursière.

Pour permettre le négoce d'actions d'entreprises helvétiques sur les grandes places européennes, la Suisse s'était vu accorder une reconnaissance de l'équivalence de sa réglementation boursière au regard des règles applicables dans l'UE. Cette reconnaissance lui avait été octroyée peu avant l'entrée en vigueur début 2018 de la directive européenne dite MIFID 2, qui encadre les marchés d'instruments financiers.

Cette équivalence avait toutefois été limitée à un an alors que Berne souhaitait une reconnaissance pour une durée illimitée. Après des tensions en fin d'année dernière sur son renouvellement, cette équivalence avait finalement été prolongée de six mois, jusqu'au 30 juin 2019. 

La semaine passée, en l'absence de décision de Bruxelles à l'approche de la date butoir, le ministère des Finances avait annoncé la mise en place d'une mesure visant à protéger l'infrastructure boursière suisse. Pour ce faire, il a mis à jour la liste des pays soumis à des restrictions pour le négoce d'actions suisses, y incluant à compter du 1er juillet les plateformes de négoces domiciliées dans tous les Etats membres de l'Union. 

Nestlé, Novartis et Roche

La Bourse suisse compte de nombreuses grandes capitalisations, présentes dans les portefeuilles de gérants de fonds européens ou de fonds de pension. Les plus gros volumes se concentrent sur le géant de l'alimentation Nestlé, suivis par Novartis et Roche, deux des plus grands groupes pharmaceutiques en Europe. 

Les volumes des actions suisses négociées dans l'Union Européenne réprésentaient jusqu'à maintenant environ 30% des échanges, selon les données de la Bourse suisse.

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