Bilan

L'obtention des JO dope la Bourse de Tokyo

La Bourse de Tokyo a salué l'attribution des Jeux Olympiques de 2020 à la capitale nippone en faisant décoller les cours de plusieurs entreprises qui pourraient en profiter.
  • L'or olympique n'est pas seulement visé par les athlètes, mais aussi par tous les acteurs économiques des pays organisateurs. Crédits: AFP
  • Les JO de Londres en 2012 pourraient avoir rapporté 5 milliards d'euros à la Grande-Bretagne, si le comité d'organisation voit ses prévisions sur le long-terme validées. Crédits: AFP
  • A contrario, les JO d'Athènes en 2004 se sont révélé un fiasco économique avec des dépenses ayant explosé le budget et des recettes minimes. Crédits: AFP
  • Jusqu'à récemment, le record de rentabilité des JO restait détenu par les Jeux de Los Angeles en 1984, pour lesquels le comité d'organisation avait réussi à obtenir un bénéfice de 150 millions de dollars. Crédits: Freitext
  • Ce sont ces exemples de réussite économique que les organisateurs nippons veulent suivre pour leurs Jeux de 2020, et les investisseurs tablent déjà sur des bénéfices... pour certains pans de l'économie japonaise. Crédits: AFP
Et si les Jeux Olympiques n'étaient plus un fardeau économique qui effraie mais un formidable moteur pour l'économie nationale du pays hôte? C'est ce que les investisseurs nippons semblent croire avec le boom des actions d'entreprises potentiellement concernées, suite à l'attribution des JO 2020 à Tokyo.

Lundi, lors de la première séance post-désignation, l'indice Nikkei a clôturé en hausse de 2,48% en fin de séance. Un bon chiffre notamment dû à la très bonne tenue de plusieurs grands groupes industriels qui pourraient profiter de la désignation de Tokyo comme ville-hôte des Jeux de 2020 par le CIO (Comité international olympique).

Immobilier et construction en valeurs moteurs

Ainsi, les secteurs de l'immobilier et de la construction ont enregistré de très beaux scores (respectivement 5,29% et 4,49%), les investisseurs tablant sur des contrats juteux pour l'édification d'un village olympique, mais aussi de stades, de piscines, et de toutes les infrastructures nécessaires à la tenue du premier rendez-vous sportif mondial.

L'action du groupe de BTP Taisei, qui avait bâti au début des années 1960 le stade pour les précédents Jeux de Tokyo (en 1964), a grimpé de 13,76%. Le savoir-faire de l'entreprise (qui a, dans l'intervalle, construit d'autres équipements sportifs) est vu comme un atout pour décrocher d'importants contrats en vue des Jeux de 2020.

Un impact économique de 3000 milliards de yens

Depuis les JO de Los Angeles en 1984, les organisateurs de cet événement ont su prouver que la tenue des Jeux dans une ville pouvait être largement profitable à l'économie du pays, sans générer de pression exagérée sur les contribuables. Certes, tous les Jeux organisés depuis n'ont pas réussi à atteindre cette rentabilité, mais un tel résultat est désormais inscrit dans les cahiers des charges des comités d'organisation.

Ainsi, pour les JO de Londres en 2012, l'impact immédiat et les retombées de long-terme ont été étudiés: sur plusieurs années, le bénéfice devrait avoisiner les cinq milliards d'euros (6 milliards de francs).



Ainsi, pour Tokyo 2020, l'impact économique du retour des Jeux dans la capitale nippone après le précédent de 1964 est estimé à plus de 3000 milliards de yens (28 milliards de francs) par le comité de candidature. Et selon les estimations de ce dernier, 150'000 emplois pourraient être créés grâce aux Jeux.

Le gain de 344,42 points enregistré lundi par l'indice Nikkei (qui a atteint à 14'205,23 points, flirtant même en séance avec un plus haut de cinq semaines à 14'251,46 points) n'est toutefois pas uniquement dû aux Jeux Olympiques de 2020. La révision de la croissance du PIB japonais au 2e trimestre a également joué un rôle. Mais l'euphorie des JO restait dans tous les esprits lundi. Y compris ceux des investisseurs.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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