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Crédit photo:D.R. |
EconomieLa technologie pour relancer l'économieSix mois après leurs lancements, les plans de relance des principales économies du monde apparaissent plus motivés par l'accroissement de la compétitivité à moyen terme des économies que par le soutien de la consommation. |
High-Tech par Fabrice Delaye - Bilan No.14 - 26.08.2009
Preuve en est la place privilégiée qu'occupent, des Etats-Unis à la Chine, les investissements. Et en particulier ceux dans la recherche, l'innovation et la technologie.
Quand la Suisse inverse les priorités
Des 585 milliards de dollars consacrés par la Chine à sa relance, les trois quarts vont aux infrastructures dont 54 milliards pour soutenir l'innovation et la modernisation technologique des entreprises. Aux Etats-Unis, le plan de 787 milliards de dollars d'Obama en réserve 100 pour financer des nouveaux projets de recherche et développement. En France et en Allemagne, la prime à la casse pour l'automobile est l'arbre qui cache la forêt. Berlin dépense 5 milliards d'euros pour acheter des épaves mais 14 pour l'éducation. Paris dépense 390 millions d'euros pour les voitures mais investit 731 millions dans la recherche publique auquel s'ajoutent 3,5 milliards pour détaxer les investissements en R&D des entreprises.
En Suisse, les priorités sont inverses. La recherche appliquée a reçu 50 millions de francs des 1,3 milliard débloqué par Berne. La Confédération limite ses mesures de relance car les exportations sont le moteur de la croissance. C'est vrai. Mais ces exportations ne seront-elles pas précisément menacées si tous les pays concurrents renforcent leur compétitivité au titre de la relance?
En creux, la Banque nationale suisse s'en rend compte et se bat pour maintenir le franc dans des parités raisonnables vis-à -vis des autres devises. Mais c'est bien la seule trace d'une défense de la compétitivité que l'on observe dans les politiques pour combattre la crise en Suisse.
Certes, on pourra toujours arguer que ce n'est pas à l'Etat de piloter l'innovation et que Berne a raison de ne pas laisser filer les déficits. C'est exact. Mais il faut voir aussi que la Chine, la France ou les Etats-Unis utilisent leurs plans de relance pour mettre de l'huile dans les rouages de réformes non budgétaires qui encouragent l'innovation.
Une avance Ă maintenir
En France, des réductions fiscales aux ménages ont, par exemple, conduit au boom de fonds communs de placement dans l'innovation qui apportent du capital aux start-up. Aux Etats-Unis, le président ne s'est pas contenté d'annoncer «le plus gros investissement dans la science de l'histoire du pays». Il investit cinq milliards de dollars dans le système scolaire pour remettre à niveau les élèves en mathématiques et en physique. Il a rouvert les visas pour les étudiants étrangers. De même, la Chine vient de renforcer sa loi sur les brevets. Ses inventeurs seront aussi bien défendus que dans le reste du monde dès le 1er octobre. Au-delà des plans de relance, ce sont ces politiques d'innovation et de compétitivité qui interrogent la Suisse: comment garder son avance?
démarche fait école.
LE BILANOMETER
Les sites utiles sur le sujet
www.technologyreview.com/business/22452/ Dossier de la Technology Review du MIT sur les mesures de Barack Obama.
www.oecd.org/dataoecd/59/45/42983414.pdf Rapport de l’OCDE sur l’effet des investissements pendant les crises.
www.manager-magazin.de Etude de dix ans de plans de relance.
LE Tech SUPPORT
Question Ă JesĂşs Martin-Garcia, directeur d'Eclosion
Q: La Suisse ne devrait-elle pas profiter de la crise pour améliorer les conditions-cadres des sociétés innovantes?
R: Je le pense et le fais. S’il n’est pas question de subventions, à Genève le PDC a déposé un projet de loi afin que les jeunes entreprises qui n’ont au départ d’autres ressources que les capitaux levés auprès d’investisseurs ne voient pas ceux-ci manger par l’impôt.
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