Même pour les plus réfractaires, une immersion dans Twitter sera à coup sûr intéressante, instructive ou du moins amusante. Avec aujourd’hui un demi-milliard de profils, le site de microblogging rassemble une communauté qui, dans le meilleur des cas, informe et interagit. L’arène Twitter permet à ses utilisateurs de communiquer entre eux et de suivre un flux d’actualités intégralement personnalisé.
Encore faut-il s’abonner aux bonnes personnes… Le choix des flux de tweets, ces micromessages de 140 caractères qui font la renommée du site, demeure crucial. A chacun de faire le tri selon ses centres d’intérêt. «Si l’on s’y prend bien, on peut constituer sa propre revue de presse», témoigne Matthias Lüfkens, directeur digital au sein de l’agence Burson-Marsteller qui s’informe principalement sur le site de microblogging.
Qui trouve-t-on sur Twitter?
Au firmament de la galaxie Twitter brillent les chanteuses à succès (Lady Gaga) et les superstars de la communication (Barack Obama) qui affichent des millions d’abonnés. Si trois quarts des gouvernements mondiaux sont désormais présents sur Twitter, seuls quelques-uns de ces profils interagissent réellement avec les utilisateurs.
Quant aux grands patrons d’entreprise, ils sont très peu à se mouiller sur le réseau. Mention spéciale à Rupert Murdoch: le magnat de la presse y publie des opinions souvent controversées.
Entre célébrités en campagne et anonymes nombrilistes, le site foisonne d’entrepreneurs, journalistes, blogueurs et divers spécialistes. Pour certains d’entre eux, le site est devenu une pierre angulaire de leur notoriété. Exemple avec Benoît Moreillon, spécialiste des jeux vidéo qui s’est royalement imposé sur les réseaux sociaux. Le jeune homme de 19 ans figure parmi les Romands les plus influents sur Twitter, selon la plate-forme Pegasus Data – un projet inédit qui recense et analyse tous les comptes du site de microblogging se déclarant romands.
«Si quelques-uns se démarquent, le constat reste le même: le réseau compte ici encore peu d’utilisateurs», commente Martin Grandjean, chercheur à l’Université de Lausanne et cofondateur de Pegasus Data. Sa quatrième étude, publiée à mi-décembre dernier, a identifié plus de 5000 comptes dans la région.
Certains profils affichent des milliers, voire des millions, de followers (abonnés, en langage Twitter). Pour Martin Grandjean, ce succès ne reflète pas nécessairement des contenus pertinents. D’autant plus vrai qu’il est possible de falsifier sa cote de popularité en «achetant» des abonnés. «Il ne faut pas non plus faire confiance aux algorithmes de Twitter, qui proposent des gens «à découvrir», ou aux indices peu transparents qui mesurent la renommée des internautes», prévient le spécialiste de la twittosphère.
La meilleure stratégie consiste à cerner quelques références dans son domaine d’intérêt et à observer pendant quelque temps la qualité de leurs contacts, de leurs tweets et de leurs échanges sur le site.
Il est également d’usage d’interpeller les twittos (usagers de Twitter) pour se faire recommander des profils. Et de considérer les listes thématiques et personnalisées établies par les utilisateurs. «Plus un profil sera listé, plus il sera considéré comme influent dans la twittosphère», souligne Matthias Lüfkens. Et si le contenu n’est finalement pas satisfaisant, «il n’est pas malpoli d’arrêter de suivre un compte après quelques jours», ajoute Martin Grandjean.


