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Crédit photo:Corbis |
BourseLes quinze meilleures actions pour 2010Après le solide exercice 2009, Bilan propose à nouveau les actions préférées de professionnels de la finance. Cap sur l'année prochaine avec le Trader Masqué. |
Par Nicolas Pinguely - Bilan No.22 - 16.12.2009
Le point sur les perspectives
Quels sont les titres les plus intéressants pour 2010? Les traders masqués donnent quelques idées. Les actions cotées en dollars sont largement plébiscitées, ce qui n'est pas vraiment étonnant. Le billet vert n'est jamais aussi fort que lorsque, comme aujourd'hui, l'ensemble de la planète le donne pour mort. «Les derniers chiffres du chômage montrent que la situation économique s'améliore rapidement aux Etats-Unis, analyse Slide. En 2010, la Fed devra relever ses taux davantage que prévu, ce qui soutiendra le dollar.» Preuve de ce retournement, la croissance américaine devrait avoisiner 2,6% en 2010, contre 1,2% en Europe.
Les marchés des actions devraient commencer l'année sur une note positive. D'une part, les investisseurs n'ont pas suffisamment de titres en portefeuilles. «Les marchés vont continuer à être soutenus, car il y a énormément de liquidité sur les comptes des clients privés et institutionnels», souligne Hedg e. Comme le cash ne paie rien, l'ensemble des classes d'actifs - actions, obligations, métaux précieux ou encore matières premières - grimpent simultanément. Une anomalie illustrant bien le flot de liquidité à disposition.D'autre part, la fin de la récession va continuer de soutenir les Bourses. «Les scénarios d'un effondrement économique ne sont plus d'actualité, indique Slide. Il donne des chiffres intéressants.
Depuis le début de la crise, les pertes pour l'ensemble des crédits à risque, y compris celles sur les hypothèques subprimes aux Etats-Unis, ne vont pas dépasser 2000 milliards dans le monde. «Comme les établissements bancaires se sont déjà recapitalisés à hauteur de 1500 milliards, le système financier est globalement assaini.» Conséquence directe de cette amélioration, la plupart des banques, telles Goldman Sachs, JP Morgan Chase, BNP Paribasou encoreBanque of America, remboursent les Etats venus à leur secours.Les industriels commencent aussi à voir le bout du tunnel. «Dans une première phase, les entreprises ont réduit les coûts pour soutenir les profits», explique Smiley.
Ce phénomène a engendré la forte hausse du taux de chômage enregistrée en Europe et aux Etats-Unis, pays où il a doublé depuis 2008 pour atteindre 10%. Des usines ont été fermées et les sociétés ont réduit drastiquement leurs stocks en proposant de forts rabais. «Cela a débouché sur des offres de type acheter deux voitures pour le prix d'une», illustre Slide. Mais la situation est aujourd'hui stabilisée. «La taille des entreprises a été adaptée à la demande, insiste-t-il. Aussi, les marges vont grimper avec le redémarrage économique.»
Tout semble alors en place pour que la forte demande attendue des zones émergentes, portée par l'éclosion d'une classe moyenne, soutienne les profits des entreprises. De la Malaisie au Brésil, la croissance devrait atteindre 4% à 6% l'année prochaine. N'y a-t-il rien à craindre en 2010? Hélas non, plusieurs incertitudes subsistent. Ces points noirs découlent du risque inflationniste engendré par les politiques monétaires ultra-accommodantes des banquiers centraux, ainsi que du fort endettement étatique fruit des plans de relance économique (environ 6000 milliard). Heureusement, les autorités monétaires ont déjà réagi pour éviter un dérapage des prix. «Les banques centrales ont commencé à retirer discrètement de la liquidité», affirme Smiley. Dans un second temps, une fois la reprise confirmée, les taux directeurs seront relevés pour accompagner la croissance. En douceur.

Les actions favorites des traders masqués en 2010
Apache (APA: 93 dollars).
«Ce groupe américain explorant le monde à la recherche de pétrole et de gaz profitera du prix élevé de l'énergie. Car le redressement économique va faire grimper la demande de pétrole. Alors que le rôle des énergies alternatives reste encore marginal, le baril du brut peut facilement atteindre 90 dollars en 2010.»
Objectif de gains: 30%
Gulfmark Offshore(GLF: 26 dollars).
«Cette société de service pétrolier bénéficiera des budgets croissants alloués à la recherche de pétrole, notamment en haute mer. Ses navires équipés pour soulever de lourdes structures et transporter le matériel de forage s'activent notamment en mer du Nord et dans le golfe du Mexique. Des zones très prisées, car très stables au plan géopolitique.»
Objectif de gains: 30%
Thomson Creek Metal(TC: 11,5 dollars).
«Il s'agit de l'un des plus importants producteurs de molybdenum au monde, ce métal qui, combiné à l'acier, le rend plus résistant. Ses profits devraient croître de 345% l'année prochaine, boostés par la croissance en provenance des industries pétrolières et chimiques. Ce n'est pas tout. Le groupe canadien constitue une cible de choix pour une reprise, car sa faible capitalisation (1,7 milliard de dollars) va pousser les grandes sociétés minières ou même la Chine à mettre la main dessus. Très chaud.»
Objectif de gains: 70%
Alexion Pharma (ALXN: 45 dollars).
«Cette firme de biopharmacologie s'impose dans le traitement des troubles cardiovasculaires. Son produit phare, le Soliris, qui combat un trouble sanguin rare, pourrait à l'avenir être utilisé pour soigner d'autres pathologies.»
Objectif de gains: 30 %
Raytheon(RTN: 52 dollars).
«Avec la guerre en Afghanistan, le budget de l'armement aux Etats-Unis restera un poste important. En 2010, il atteindra 680 milliards de dollars et Raytheon va en profiter. Car la firme est spécialisée dans les systèmes militaires utilisant des technologies de pointes (drones, satellites, etc.) qui sont aujourd'hui largement utilisés sur les champs de bataille.»Objectifs de gains: 30% Navistar (NAV: 33 dollars). «La reprise soutiendra ce constructeur américain de camions qui réalise 30% de ses ventes dans des pays où la croissance est forte (Brésil, Mexique ou Canada). De plus, il réalise 15% de son chiffre d'affaires avec l'armée. Dixième fournisseur du Département de la défense, ses nouveaux modèles de camions résistant aux mines équipent les troupes en Irak et en Afghanistan.»
Objectif de gains: 60 %
Bank of America (BAC: 15 dollars).
«Avec la reprise, les besoins en provisions pour crédit douteux devrait passer de 50 à 18 milliards de dollars. Ce phénomène sous-estimé par les investisseurs va faire grimper significativement les bénéfices.»
Objectif de gains: 65%
Citigroup(C: 4 dollars).
«Massacré en Bourse, le géant bancaire américain vient d'aligner huit trimestres de pertes consécutifs. Personne ne s'attend pas à ce qu'il fasse des profits avant le second trimestre 2010. Mais il pourrait être dans les chiffres noirs au premier trimestre déjà , car l'embellie économique et l'envolée des marchés financiers vont faire son jeu. La surprise sera alors totale.»
Objectif de gains: 100%
Emirates Telecom(ETISALAT: 10,3 dirhams des Emirats arabes unis).
«La crise immobilière qui frappe Dubaï a fait reculer le titre, ce qui constitue une chance pour l'accumuler à un bon prix. Car ses activités de télécoms demeurent stables et sont peu affectées par les excès qui ont caractérisé le bâtiment. En plus, la firme dont l'actionnaire majoritaire est le gouvernement fédéral des Emirats arabes unis se développe à l'international, en Afrique et en Inde. Ce qui constituera un moteur de croissance pour l'avenir et va soutenir les profits.»
Objectif de gains: 40%
Emaar Properties(EMAAR: 2,9 dirhams des Emirats arabes unis).
«Bien sûr, l'effondrement immobilier à Dubaï va affecter durablement les banques et la consommation locales. Mais cette entreprise du bâtiment conserve de nombreux atouts. Son endettement est limité et ses investissements sont financés à 70% par ses capitaux propres. Par comparaison, les ratios de fonds propres de certains groupes espagnols de constructions avoisinaient les 10% en 2008. Et la société n'a pas de grosses échéances de remboursement avant 2012.»
Objectif de gains: 100%
Zurich Financial Services (ZURN: 220 francs).
«L'assureur présente l'un des bilans les plus sains du secteur. Au plan opérationnel, la hausse des primes va faire grimper ses marges et ses profits. A l'heure où les taux d'intérêt sont proches de zéro, les investisseurs vont apprécier le rendement de plus de 5,5% offert par le titre au cours actuel. D'autant qu'au plan technique, la zone de 200 à 220 francs est très intéressante.»
Objectif de gains: 20%
General Electric(GE: 16 dollars).
«Le conglomérat industriel américain est clairement pénalisé par son pôle finance. Mais comme la crise bancaire se résorbe progressivement, le groupe va commencer à sentir les effets des plans de relance américains et chinois centrés sur les infrastructures. Car le groupe fournit aussi bien des turbines électriques que des centrales nucléaires. De surcroît, les quelque 600 milliards qui vont filtrer vers les énergies vertes vont également faire son beurre, GE possédant une importante fabrique d'éoliennes.»
Objectif de gains: 25%
AT & T (T: 27,5 dollars).
«Le dividende de 6% payé par le gérant américain de la télécommunication est très alléchant pour les institutionnels à la recherche de rendement. En plus, le titre reste largement en dessous de 43 dollars atteints en octobre 2007, alors qu'une très forte résistance technique le soutien aux alentours des 23 dollars. Du béton armé.»
Objectif de gains: 25%
Intel(INTC: 20 dollars).
«L'avènement de Windows 7 poussera les entreprises à renouveler leurs parcs informatiques qui commencent à être obsolètes. Pour rester compétitives, les entreprises devront alors investir dans les technologies de l'information. Comme les microprocesseurs Intel équipent aussi bien Apple que Microsoft, la firme va connaître un solide exercice 2010.»
Objectif de gains: 25%
Monsanto(MON: 83 dollars).
«Les semences OGM permettant de produire des récoltes résistantes aux insectes, nécessitant moins d'eau ou offrant de meilleurs rendements vont s'imposer de plus en plus. Car la montée en puissance du bioéthanol aux Etats-Unis et les changements alimentaires liés à l'avènement d'une classe moyenne dans les pays émergents font grimper la demande pour les produits agricoles. Et ce même si depuis une année et demie, les récoltes mondiales ont été importantes et la pression sur le prix des céréales a été réduite.»
Objectif de gains: 20%
Fonds coté ETF sur le Japon (EWJ à 9,9 dollars ou JPN à 67 euros).
«La Banque centrale japonaise interviendra pour faire reculer le yen qu'elle estime surévalué. Cela va soutenir les sociétés exportatrices. De plus, les valorisations sont plus attractives au Japon qu'en Europe et aux Etats-Unis, car la Bourse de Tokyo a pris un peu de retard par rapport à ses concurrentes. En plus, une configuration technique de type «double bottom», très positive, est observable sur l'indice japonais.»
Objectif de gains: 20%
Fonds coté ETF sur le Brésil (EWZ à 77 dollars ou RIO à 27 euros).
«Rien ne semble plus en mesure d'arrêter la croissance de ce pays. Alors, même si les performances boursières des grosses firmes brésiliennes ont été phénoménales cette année, le potentiel reste réel. Avec des sociétés comme le géant pétrolier Petrobras ou le groupe minier Vale, le pays va profiter de la reprise qui se profile en 2010. De la substance.»
Objectif de gains: 20%
La crise iranienne en trois scénarios
Le Moyen-Orient constitue la pire menace pour les Bourses.
Malgré les pressions internationales, l'Iran n'est guère enclin à lâcher du lest sur son programme nucléaire. Ce refus inquiète, car Téhéran sera, d'ici peu, en mesure de disposer de l'arme atomique. Trois possibilités d'impact sur les Bourses.
1. Statu quo Aucune action militaire n'est entreprise pour détruire les installations nucléaires iraniennes. «Je donne à ce scénario une probabilité de 25%, analyse Smiley, spécialiste des marchés qui connaît très bien la région. «Si l'Iran dispose de la bombe atomique, l'Arabie saoudite cherchera aussi à développer la sienne pour se protéger. Le risque que survienne alors une course à l'arme nucléaire dans les pays du Golfe sera réel.» Ce scénario est cependant neutre pour les Bourses en 2010.
2. Attaque israélienne Israël pourrait attaquer les installations nucléaires iraniennes début 2010. «Il y a 40% de chances que cela arrive», estime Smiley. Mais ces frappes seront limitées et n'empêcheront pas une riposte de Téhéran, qui risque de bloquer l'accès au détroit d'Ormuz où transite plus de 30% du pétrole mondial. «Le prix du pétrole s'enflammera à 150 dollars et les Bourses s'effondreront». En quelques séances, le S&P américain plongera de 30%. Et il pourrait même reculer à moins de 500 points si «un embrasement devait se généraliser dans la région».
3. Attaque américano-israélienne «Un scénario qui a 35% de chances de se produire», jauge Smiley. Cela implique deux semaines de bombardements pour détruire les systèmes défensifs et offensifs iraniens. «Dans un premier temps, les marchés plongeront.» Mais lorsque la capacité de nuisance de l'Iran sera annihilée, les Bourses reprendront peu à peu confiance. «Ce scénario offrirait même une bonne opportunité d'achats.» Et le S&P 500 de s'envoler dans la foulée?
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Analyse graphique
Attendez un peu avant d'acheter!
L'analyse technique montre que les indices boursiers pourraient reculer au cours de prochains mois. Tout comme le pétrole. Quant au dollar, il est envisageable qu'il décolle à près de 1,12 franc.
Monsieur Elliott est un féru d'analyse technique. Financier, il cherche à anticiper les mouvements des actions, des matières premières et des devises en étudiant les évolutions passées. Sur son écran, les graphiques succèdent aux graphiques. Ses prévisions pour le premier trimestre 2010.
SMI (6450 points) . «Un franchissement de la résistance située à 6500 provoquera une accélération jusqu'à 6800, voire à 7000 points. De là , une correction en trois phases fera reculer l'indice à 6000 points, au minimum. Car le reste de l'année s'annonce délicat. Je recommencerai à acheter des titres aux alentours de 5400. Seul un dépassement des 7000 points annulerait ce scénario mitigé.»
Bourse indienne (Sensex, 17 100 points) . «On devrait aller flirter à nouveau avec la résistance des 17 500 points. Si le marché n'arrive pas à la dépasser, une importante correction surviendra, qui prendra la forme d'un effritement à 14 000 points. Il faudra alors accumuler des titres.»
Bourse chinoise (Shanghai Composite, 3250 points). «Aussi longtemps que la forte résistance des 3330 points n'est pas franchie, je privilégie un recul à 2730. Ce niveau sera idéal pour acheter.»
Or (1170 dollars). «Le métal jaune dépassera difficilement la zone allant de 1260 à 1310 dollars l'once ces prochaines semaines. Une période de consolidation va commencer. On devrait pouvoir en accumuler aux alentours de 1050 dollars courant janvier. Il faudra en profiter, car l'or visitera probablement les 1500 dollars avant le printemps prochain.»
Pétrole (74 dollars). «Le baril de brut bute sur les 80 dollars, niveau où est située une forte résistance. Techniquement, un rapide retour à 67 dollars est probable. Une extension à 60 dollars offrirait un bon niveau d'achat.»
Dollar (1,02 franc). «Le plancher établi entre 0,965 et 0,98 en mars sera difficilement enfoncé. Je favorise plutôt un redressement à 1,10 ou 1,12 franc d'ici au printemps.»
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