L’entrepreneuriat social constitue une approche spécifique qui redéfinit le rôle de l’entrepreneur. En effet, la motivation principale de l’entrepreneur social doit être de résoudre une problématique avérée de la communauté locale, et les ressources financières qu’il peut générer sont en premier lieu un moyen d’augmenter son impact et de répondre au mieux au besoin identifié.
Cette perspective de conciliation de l’approche économique avec des objectifs sociaux est intéressante car elle introduit de nouvelles réflexions. Pour les entrepreneurs qui peuvent apporter du « sens » à leur projet entrepreneurial, mais aussi pour les associations, pour lesquelles de nouvelles méthodes de gestion sont envisageables, notamment en augmentant significativement leur taux d’auto-financement (via leurs activités commerciales notamment) et ainsi en étant plus autonomes des subventions et autres sources de financement externes.
L’entrepreneuriat social présente donc des atouts mais aussi un choc de cultures pour de nombreuses associations, qui doivent parfois diversifier leurs activités hors de leur cœur de métier pour financer les projets ayant un réel impact sur la communauté locale.
Le projet Mr & Mrs Cleen est un bon exemple de projet conciliant une logique économique et une réponse à un besoin de la clientèle avec la résolution d’une problématique sociale.
Tout en proposant un service de nettoyage à domicile fiable et à un tarif intéressant, il permet de créer des opportunités de formation et d’insertion professionnelles à des personnes non qualifiées. Grâce au développement de l’activité commerciale, l’association Cleen Services, qui a repris le projet, peut espérer auto-financer son pôle formation à horizon de quelques années, après avoir bénéficié de soutiens financiers pendant les premières années.
Toutefois, ce fonctionnement hybride est parfois difficile à expliquer à des bailleurs qui ne sont pas tous familiarisés avec ces nouveaux modèles d’affaires.
J’ai le souhait que cette discipline continue de se démocratiser en Suisse de manière à mieux comprendre les atouts de ces nouveaux modèles et à en retirer, pour le monde de l’entreprise comme pour le monde associatif, de nouvelles perspectives innovantes.
Publié le 1 Février 2013 à 23:00

