Comme à chaque fois, le public était enthousiaste, les fans fidèles. Apple annonçait une nouvelle révolution. Le 23 octobre dernier, dans la salle très baroque du California Theater de San José, le groupe de Cupertino dévoilait sa dernière tablette, l’iPad Mini. Un produit avec lequel Apple concurrence directement Kindle Fire d’Amazon et Nexus de Google, notamment, sur le marché des petites tablettes. Sans pour autant se lancer dans une guerre des prix. Car fidèle à la politique du groupe, l’iPad Mini sera cher. Et si, pour cette annonce, la salle était un peu plus petite, l’assistance un peu moins nombreuse que lors de lancements précédents, l’ambiance, elle, était toujours la même. Comme si rien n’avait changé. Comme si l’événement restait marqué de la griffe de Steve Jobs.
Un peu plus d’un an après le décès de son créateur, Apple semble se porter au mieux. Le cours du titre d’ailleurs, à moins de 380 dollars lors de la nomination de Tim Cook au poste de PDG, s’échange aujourd’hui à près de 600 dollars. Sa valorisation fait d’Apple l’une des plus grosses sociétés américaines. La formule magique semble marcher et Tim Cook dirige la société avec succès. Comme si Steve Jobs avait greffé son ADN sur celui qu’il avait si soigneusement choisi pour successeur.
«Steve Jobs a eu le temps de sélectionner une équipe de direction pour reprendre les rênes de l’entreprise», explique Paul Saffo, directeur de l’Institut du Futur de Palo Alto et qui enseigne à l’Université Stanford. «On peut aujourd’hui encore lui faire confiance; il a fait tout son possible pour que le succès d’Apple perdure.»
Une très résistante image de marque
Le groupe de Cupertino paraît d’ailleurs inattaquable. Même lorsque, plus tôt cette année, est paru un article dans le New York Times dénonçant les conditions de travail des ouvriers de Foxconn, suite à une explosion mortelle dans l’une des usines de production d’iPads. Le quotidien rappelle alors les suicides des employés observés en 2010 déjà. Les auteurs soulignent aussi que, si d’autres groupes technologiques comme HP, Dell, Sony, Nintendo, Microsoft et Acer sont tous clients de Foxconn, la relation commerciale entre le fabricant chinois et le groupe à la pomme est particulièrement forte.
Selon l’analyste Arthur Liao, de la firme Fubon Securities Investment Services, Apple contribuerait à hauteur de 40% environ aux revenus annuels de Foxconn. Ces révélations ne refroidissent toutefois en rien les fans d’Apple. Les mesures prises par Tim Cook, qui exige désormais un rapport mensuel sur les activités des usines et affirme «mettre la pression sur Foxconn», sont apparemment jugées suffisantes par les consommateurs. L’image de marque d’Apple reste intouchée aussi lorsque, en avril encore, le New York Times revient à la charge et met en évidence les stratégies d’évitement fiscal du groupe.


