
A peine le défilé s’achève qu’il se précipite sur Twitter pour recueillir les premières impressions. Emmanuel Heimann, CEO de Kris Van Assche, est satisfait. «Beaucoup de commentaires favorables, c’est bon signe. Le réseau social donne immédiatement un avant-goût de ce qu’ont pensé les journalistes et les acheteurs.» Kris Van Assche, c’est la griffe éponyme du directeur artistique de Dior Homme. La jeune marque de prêt-à-porter vient de présenter sa collection automne-hiver 2012 lors de la Fashion Week parisienne. Emmanuel Heimann dirige la maison haut de gamme depuis maintenant un an. Avant la haute couture, ce Genevois de 30 ans occupait un poste de responsable marketing dans la division luxe de L’Oréal. «J’ai été bien accueilli à Paris bien que ce soit une première expérience pour moi dans ce secteur, souligne l’ancien élève d’HEC Genève.
Le directeur artistique et les actionnaires me font confiance. Notre travail commun a bien fait progresser l’entreprise jusqu’à présent.» Une évolution positive, après le régime sec imposé par la crise mondiale de 2008 qui affecte les cycles de production et de distribution du prêt-à-porter. Les acheteurs préfèrent alors miser sur les valeurs sûres du luxe. Kris Van Assche subit dès lors des «dégâts importants». «Les plus jeunes comme nous ont beaucoup souffert, ajoute Emmanuel Heimann sans révéler de chiffres. Mais cette crise a aussi permis de faire du nettoyage. Des marques ont disparu, et celles qui restent apprennent à être plus fortes.» Depuis deux ans, la griffe poursuit son expansion avec une croissance des ventes d’environ 12% par saison selon son CEO. Les semaines qui suivent la Fashion Week déterminent à peu de chose près la totalité du chiffre d’affaires annuel. Les acheteurs internationaux étudient la nouvelle collection présentée au showroom et passent leurs commandes. «Les estimations sont revues à la hausse, notamment en ce qui concerne le marché asiatique, commente le jeune patron une semaine après le défilé. Les Japonais apprécient beaucoup notre créateur. Ils génèrent d’ailleurs 40% du chiffre d’affaires.»
«La plus petite maison parmi les grandes»
Objectif de 2012: développer intensivement la distribution. La marque est aujourd’hui disponible dans près de 200 points de vente à travers le monde. «L’ouverture d’une boutique en nom propre est actuellement étudiée. Elle devrait être annoncée avant 2014.» Quant à la plate-forme d’e-commerce, elle séduirait de plus en plus de clients, avec une part de 20 à 30% des ventes totales. «Internet reste une de nos priorités. Nous développons beaucoup les médias sociaux notamment. Lors du défilé, les photos des looks étaient diffusées sur notre page Facebook directement après avoir été prises. C’était presque du simultané.» L’essor de «la plus petite maison parmi les grandes» témoigne du talent et de la renommée de son couturier. Le Belge Kris Van Assche, 35 ans, a lancé sa propre ligne en 2005. C’est en 2007 qu’il prend la place de son mentor Hedi Slimane à la direction artistique de Dior Homme.








