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Montres

Le géant Peace Mark est tombé

Les producteurs suisses de mouvements déjà repris par Festina-Lotus

Michel Jeannot - Bilan No.256 - 10.09.2008

Le colosse chinois Peace Mark est définitivement à terre. Il a déposé son bilan mercredi 10 septembre, près d'un mois après que sa cote eut été suspendue à la Bourse de Honk-Kong et que le chevalier blanc pressenti pour reprendre les activités eut retiré son offre (notre édition du 10 septembre). Il aura ainsi fallu moins d'un an au groupe horloger considéré comme l'un des plus puissants du monde (plus de 5000 collaborateurs pour un chiffre d'affaires équivalent à près d'un milliard de francs) pour se retrouver à terre.
Actif tant dans la production de composants et de mouvements horlogers (en Asie et en Suisse), que dans la distribution de montres (1200 points de vente en Chine), le groupe chinois s?était montré extrêmement dynamique ces dernières années. Avec un appétit jamais satisfait, le groupe Peace Mark a réalisé son dernier coup de maître en faisant l'acquisition en décembre 2007 de la société Sincere, acteur majeur de la distribution horlogère dans tout le sud-est asiatique. C?est dire que Peace Mark, tant en Chine que dans le reste de l'Asie, était un partenaire de poids pour de très nombreuses marques horlogères suisses de renom (dont Rolex, de nombreuses marques Richemont et des enseignes Swatch Group).
Eu égard aux résultats en croissance qui ressortaient du dernier rapport annuel publié à fin juillet, d'aucuns avaient vu une attaque concertée de grands groupes étrangers pour faire vaciller le titre en Bourse. C?était leur accorder beaucoup de pouvoir dès lors que l'action Peace Mark avait plongé de près de 90% depuis janvier. Cette hypothèse, flatteuse pour le groupe chinois, n'a jamais pu être vérifiée, mais il apparaît aujourd'hui certain que les causes de la débâcle sont à chercher ailleurs. Certains évoquent des malversations du management, semblables à celles qui avaient emporté il y a un an le groupe Egana, autre géant chinois sauvé in extremis une première fois mais qui serait à nouveau au bord du gouffre.
Parmi les activités de Peace Mark, il paraît acquis que la distribution, le secteur le plus sensible pour les marques horlogères suisses de haut de gamme, trouvera rapidement un repreneur, tant la position du groupe est intéressante. Côté marques, on peut légitimement s?inquiéter pour la suissesse Milus (qui a tenté ces dernières années une montée en gamme intéressante  mais qui ne serait jamais sortie des chiffres rouges) et plus encore pour les sociétés françaises Yema, Japy, Vuarnet ou encore Fiorucci.
Peace Mark s?était également fait remarquer en faisant successivement l'acquisition à l'automne 2007 et au printemps 2008 des producteurs de mouvements Indtec (Sion)et Soprod (Tramelan). Au vu des résultats largement déficitaires de l'activité de Swiss Ebauches (production de mouvements économiques à quartz en Asie) chez Indtec, cette activité avait été immédiatement stoppée par les repreneurs pour se concentrer sur le mouvement mécanique. Aux côtés de Peace Mark, le groupe espagnol Festina-Lotus s?était placé dans l'opération en prenant une participation de 35% dans SFT Holding. Cette position lui a permis de mettre aujourd'hui la main sur Indtec et Soprod.
Avec cette acquisition stratégique, Miguel Rodriguez, propriétaire de Festina, renforce encore sa position dans la production de mouvements mécaniques. En parallèle au rachat des marques haut de gamme Leroy et Perrelet, l'homme d'affaires espagnol a en effet cherché depuis quelques années à constituer  un pôle de production de mouvements mécaniques. Avec DTH (échappement), Astral (spiral), Soprod (modules), en plus de l'entité sédunoise de production et de  commercialisation des mouvements mécaniques A10,  le groupe espagnol a désormais une plate-forme plus qu?intéressante dans la production de mouvements mécaniques.
Photo: Patrick Chau



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