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TourismeL'agrotourisme, une activité menacéeAlors que la demande reste forte, l'offre stagne, voire recule. En raison des investissements à consentir, l'agrotourisme peine à devenir une activité rentable pour les paysans. |
Jean-Philippe Buchs - Bilan No.255 - 27.08.2008
Le tourisme rural est-il sur la voie du déclin' Les agriculteurs helvétiques ne comptent plus sur l'agrotourisme pour augmenter leurs revenus accessoires. A la fin des années 1990, l'offre de vacances à la ferme enregistrait de fortes progressions. Aujourd'hui, le nombre de prestataires stagne, voire recule. Il s'élève à quelque 230 exploitations. Phénomène similaire pour les exploitations qui proposent «l'aventure sur la paille». Leur nombre - environ 200 - ne s'accroît plus.
Une politique très restrictive
Même si ces chiffres sont à prendre avec beaucoup de précaution en raison de la difficulté de connaître l'offre avec exactitude et même si la demande et les nuitées pour ces deux types d'hébergement continuent d'augmenter, le constat semble assez limpide: les producteurs doutent désormais de la nécessité d'investir dans cette activité. La raison' «Soit tout le potentiel a été exploité, soit la notoriété de l'offre reste encore insuffisante ou le marketing se montre peu efficace», affirme l'Union suisse des paysans. D'autres explications sont avancées en ce qui concerne «l'aventure sur la paille». Selon une étude, «c'est le manque de flexibilité et de coopération des différents prestataires qui vient compromettre des conditions-cadres a priori plutôt favorables.»
Conseillère dans les domaines du tourisme rural et de la diversification auprès d'Agridea (développement de l'agriculture et de l'espace rural), Michèle Zuffereyn'est pas surprise par la stagnation de l'offre. «L'agrotourisme nécessite des compétences particulières, des investissements importants et une présence accrue. Or, l'agriculture est déjà un métier à plein-temps et l'épouse, qui pourrait s'occuper de l'accueil, travaille de plus en plus à l'extérieur de l'exploitation. De surcroît, la politique suivie par certains cantons en matière d'aménagement du territoire est très restrictive. Elle empêche le développement d'activités annexes en zone agricole.»
En raison des investissements à consentir, l'agrotourisme est rarement une activité très rentable. «Entre 10% et 15% des prestataires parviennent à obtenir un revenu important, 50% couvrent leurs charges et entre 35% et 40% poursuivent cette activité par motivations personnelles ou sociales», estime Michèle Zufferey. A l'étranger, la situation est meilleure.
Par exemple en Allemagne, une exploitation sur quatre réalise d'ores et déjà entre 25 et 50% de son revenu grâce aux vacances à la ferme.
Une nécessaire collaboration
Agriculteur et propriétaire du swin-golf de Cremin (près de Lucens), Michel Bessardestime que le développement de l'agrotourisme passe par des regroupements d'intérêts au sein de coopératives ou d'associations. «Les agriculteurs qui ont des volumes libres les mettraient à disposition de ce collectif. Lequel s'occuperait de gérer les prestations agrotouristiques, hébergement, restauration, loisirs, etc. Ces activités ne seraient plus à la charge de l'agriculteur, mais déléguées à d'autres personnes compétentes», explique-t-il dans l'hebdomadaire Agri. Pour Michel Bessard, c'est le moyen pour développer cette activité à grande échelle en Suisse. Une idée certainement à creuser.
Photo: Agrotourisme / © moodboard/Corbis
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